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20 mai 2012

Jérusalem : trois visages, le récit d’une libération

par Tsahal - Armée de Défense d'Israël

La photo a fait le tour du monde. En juin 1967, David Rubinger, photographe de presse israélien a suivi les forces de Tsahal engagées dans les combats pour la libération de la vieille ville de Jérusalem. Au mur des lamentations, le « Kotel » pour les Israéliens, trois soldats de Tsahal se recueillent devant le premier lieu saint du Judaïsme. Ils s’appellent Zion Karsenty, Yitzhak Yifat et Haïm Oshri. Leurs noms ne vous disent rien, mais leur visages sont devenus un symbole. 

 A l’occasion du 45ème anniversaire hébraïque de la libération de Jérusalem, nous les avons retrouvés pour vous, ainsi que le photographe devenu depuis célèbre. Nous vous présentons aujourd’hui leurs histoires.

Né à Tibériade, Zion Karsenty a aujourd’hui 69 ans. Il a combattu sur la Colline aux Munitions (Givat HaTah’moshet) à Jérusalem. Il est aujourd’hui metteur en scène et chorégraphe, et vit à Afula.

«J’ai finalement également été mobilisé, presque tous les réservistes de mon unité étaient déjà aux combats. Je me souviens des larmes et de la crainte de ma mère. Je savais que notre pays n’avait pas le choix, et que je devais faire mon devoir pour le défendre. »

Une fois postés sur la Colline aux Munitions, une colline entourée de tranchées et de barbelés face aux position enemies, les soldats tombent sous le feu des forces jordaniennes.

« Il y avait un passage encombré de fils barbelés. Je me suis jeté dessus et j’ai aidé les autres à traverser. Je ne ressentais aucune douleur. Nous sommes entrés dans les tranchées. Elles n’étaient pas très profondes mais très étroites. Lorsque que quelqu’un était blessé, nous étions obligés de faire passer son corps par-dessus nos têtes. Les Jordaniens ne pouvaient pas gagner mais ils ont continué à se battre jusqu’au dernier homme. »

Zion, alors âgé de 24 ans, est le premier parachutiste à atteindre le Mur des Lamentations. Il ne le reconnaît pas!

« J’ai aperçu une soldate israélienne, je lui ai deman

é : « où suis-je? » Elle m’a répondu: « c’est le Mur des Lamentations ». Elle m’a donné une carte postale et m’a dit d’écrire à mes parents avant de disparaître. J’ai cru l’avoir rêvée. Mais des années plus tard, j’ai retrouvé cette femme. Elle était soldate du Corps Postal de l’armée. »

Alors que les autres soldats se glissent vers le Mur, un photographe s’approche, les interpelle, les arrange un peu, puis les photographie. Un seul cliché, imprimé plus d’un million de fois.

Les soldats de la Brigade Parachutiste de Tsahal, Zion Karsenty, Yitzhak Yifat et Haïm Oshri, devant le Kotel

« Quand je pense à tous les soldats qui sont morts pour libérer Jérusalem, je me demande toujours s’ils ont pensé avant de mourir que cela en valait la peine. Je pense aujourd’hui que oui. »

Yitzhak Yifat, 69 ans, est aujourd’hui gynécologue et obstétricien. Il avait 24 ans et vivait à Tel Aviv en juin 1967. Il a participé à la bataille de la Colline aux Munitions et à la conquête de Jérusalem.

« J’ai eu une rage de dents quand nous sommes arrivés à Jérusalem. Je me suis battu la bouche encore engourdie par l’anesthésie locale. Il s’agissait de combats au corps à corps. Mon meilleur ami a été frappé dans le dos et un jordanien s’apprêtait à lui tirer dessus à nouveau. Je l’ai abattu. »

Dans les tranchées de la Colline aux Munitions, les combats sont brutaux. Yitzhak Yifat y laissera ses amis, dont les noms sont aujourd’hui frappés sur le monument aux morts de la Guerre des Six jours. Aujourd’hui encore, les parachutistes de Tsahal viennent y prêter serment.

« L’entrée dans la vieille ville fut un moment moins chaotique. Nous sommes entrés par une petite porte antique et nous avons pris la direction de l’Est. J’étais très ému. Moi qui ne suis pas religieux, je me suis rendu compte à quel point ce moment était important pour les Juifs du monde entier. »

Sur l’esplanade, les principaux commandants de Tsahal sont sur place. Parmi eux, Yitzhak Rabin, Moshe Dayan et le Grand Rabbin Shmuel Goren. Et un photographe, David Rubinger.

Le Grand Rabbin Shmuel Goren sonnant le Shofar

« Il prenait des photos, dont celle où je figure avec deux camarades. Mais il n’y a pas que celle-la! Il en avait notamment pris une où l’on voit le Rabbin Goren sonnant le Shofar. C’est sa femme qui lui a conseillé de publier et rendre célèbre notre photo plutôt que cette dernière. »

Une photo imprimée  dans le monde entier et placardée dans les classes d’écoles juives et de synagogues à travers le monde pour devenir le symbole même de la victoire militaire d’Israël en 1967 et de la réunification de Jérusalem.

« J’ai pris conscience du phénomène à New York en 1986 lorsqu’une femme est venue vers moi. Elle avait des chiffres tatoués sur le poignet. C’était une rescapée de la Shoah Elle m’a demandé si j’étais le ‘garçon de la fameuse photo’. »

Né au Yémen en 1944, Haïm Oshri a émigré en Israël en 1949 et terminé son service militaire en 1965. Rappelé sous les drapeaux, il a participé à la bataille de la Colline aux Munitions. Son régiment a perdu près d’un tiers de ses soldats.

« La bataille de la Colline aux Munitions fut le pire moment de la guerre. En tant que juif religieux, c’était très spécial pour moi de participer à la bataille pour la libération de Jérusalem. Tous les jours nous prions trois fois tournés vers Jérusalem. Je ne pouvais pas imaginer à quel point ce serait magique de voir le Mur des Lamentations pour la première fois. J’en rêvais! »

Devant le mur, Rubinger s’adresse à trois soldats, les arrange pour une photo.

Des soldats de Tsahal devant le Kotel, 45 ans après la Guerre des Six Jours

« Il nous a dit de regarder en l’air et s’est couché par terre pour la prendre. C’est juste une chance incroyable d’avoir été présent lors de ce moment historique et de figurer sur cette photographie. C’est un grand honneur. »

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