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17 mai 2012

Journée mondiale contre l’homophobie : Tsahal en avance sur son temps

par Tsahal - Armée de Défense d'Israël

La lutte contre l’homophobie est aujourd’hui une réalité dans le monde occidental. Israël s’était attelé à la tâche dès le début des années 1990. Tsahal fait figure d’exemple en matière d’intégration des soldats homosexuels et de la lutte contre les actes homophobes. Le site de Tsahal vous propose de découvrir des extraits d’un dossier réalisé en avril 2012 par le magazine français « Têtu » sur les soldats gays dans l’armée israélienne. 


Avec le temps, les soldats deviennent avant tout des frères d’armes

Des soldats de la Brigade Kfir en exercice dans la Vallée du Jourdain

C’est ici (boulevard Rothschild, ndlr) que Michael, 27 ans, nous donne rendez-vous un vendredi après-midi de décembre pour faire le point sur la question des gays au sein de Tsahal. Chemise et veste, il sort tout droit du bureau d’avocats dans lequel il travaille, à quelques mètres d’ici. Tout en dégustant des sushis, les souvenirs de l’armée lui reviennent peu à peu.

« Du temps a passé depuis que j’ai quitté l’uniforme », dit-il avec un peu de nostalgie. « A l’époque j’étais un gosse. De toute façon quand sort du lycée, on est encore tous des enfants ».

En Israël, c’est à 18 ans, souvent durant l’été qui suit l’obtention du baccalauréat, que les citoyens – et citoyennes – sont appelés à servir sous les drapeaux. Trois ans pour les hommes, deux pour les femmes.

Sûrement encore trop tôt pour assumer un coming out.

« Pratiquement personne ne savait que j’étais gay dans mon unité. Je me souviens de quelques personnes qui étaient déjà sorties du placard mais la plupart l’était encore. Aujourd’hui ces mêmes personnes sont toutes ouvertement gays, sortent le soir et s’affichent avec leurs amis. A l’époque, dans les rangs de l’armée, c’était très loin d’être le cas ».

Tous les Israéliens âgés de 16 à 17 ans reçoivent un jour à leur domicile leur Tzav Rishon, c’est-à-dire leur convocation pour passer les tests préliminaires à leur service militaire obligatoire. C’est là qu’est définit le profile mental, psychologique, médical et le niveau de capacité d’adaptation du futur soldat. L’entretien individuel est bien souvent crucial pour la suite. De celui-ci dépend l’affection dans une unité combattante ou non. Un choix lourd de conséquences quand on sait qu’Israël est toujours en guerre avec plusieurs de ses voisins.

 « Je préférais avoir une affectation qui soit proche de mon domicile, plutôt que de servir en tant que combattant », explique Michael. « J’estimais qu’il était préférable pour moi de rentrer chaque soir à la maison plutôt que de devoir partager une tente et des douches avec des adolescents. ».

 « Durant la période des classes on ne rentre chez nous que le week-end. Ça dure plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour les unités d’élite. Là, j’ai dû affronter un problème de taille : me retrouver nu devant des dizaines de personnes. C’était difficile. La plupart du temps à l’heure de la douche je préférais passer en dernier, voire ne pas me laver du tout. De toute façon, il n’y a personne à impressionner quand on fait nos classes et tout le monde pue, même après la douche ».

« Au début ce n’est pas simple mais on finit par s’y habituer. Quand tu passes presque de deux mois avec les mêmes personnes pendant les entrainements (maniement d’armes, parcours du combattant…), chaque jour, 24 heures sur 24, ils deviennent en quelques sortes tes frères et la tension sexuelle se dissipe petit à petit ».

Peu importe les différences, les soldats sont avant tout des frères d'armes

Peu importe les différences, les soldats sont avant tout des frères d’armes

« La personne avec qui je partage mon lit le soir n’a aucun rapport avec mes capacités à servir mon pays »

Après la période d’entrainement, chaque soldat est affecté à une unité. Michael, lui, est assigné à la Kyria, un complexe du ministère de la Défense situé en plein Tel Aviv. (…)

«Mon job consistait à être dans une cellule de guerre 12 heures par jour ou par nuit pour répondre au téléphone ou aux mails.», dit-il en rougissant et avalant un sushi supplémentaire.

A la question de savoir s’il était difficile de rencontrer des homosexuels dans l’armée, Michael répond de manière catégorique. « L’armée israélienne n’est qu’un reflet de la société, donc on y rencontre des gays, tout simplement ».

« Il n’y a aucune raison pour un gay de ne pas servir dans l’armée. Au contraire, je pense que la présence de gays est bénéfique pour tout le monde. La personne avec qui je partage mon lit le soir n’a aucun rapport avec capacités à servir mon pays ».

(…)

Depuis une législation adoptée en 1993 par le Premier ministre Yitzhak Rabin, (…) les gays peuvent non seulement s’affirmer en tant que tel mais également accéder à des postes sensibles.

D’ailleurs, la franchise quant à l’orientation sexuelle est encouragée par l’état-major de Tsahal. Ainsi,  les services de renseignements militaires préfèrent recruter un gay assumé plutôt qu’un jeune qui le vivrait de manière cachée et qui, donc, pourrait être amené à sortir du placard au cours de son service et vivre un bouleversement psychologique qui pourrait mettre en danger son unité. Un choix qui a permis à la société israélienne dans son ensemble de progresser. Tous les citoyens étant appelés à servir sous les drapeaux, lorsque la mentalité de l’armée évolue, c’est celle de tout le pays qui évolue.

(…)

Depuis sa création, Tsahal a été tour à tour admirée, décriée, condamnée ou applaudie. On en oublierait presque que sous ce nom se cachent des dizaines de milliers de jeunes âgés de 18 à 21 ans, chacun avec son histoire, son orientation sexuelle. Pour les recrues gays, le défi est double : tenter d’accomplir son service militaire « comme tout le monde », tout en gérant une identité sexuelle souvent encore en mouvement. Une difficulté certes, mais qui ne constitue plus aujourd’hui un obstacle à l’intégration et à l’épanouissement dans l’armée israélienne.

(c) Copyrights « Têtu ». Article paru dans le numéro du mois d’avril 2012.

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