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25 avril 2012

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« Dis leur que je les aime et que je ne regrette rien »

par Tsahal - Armée de Défense d'Israël

De nombreux héros ont combattu et donné leur vie pour protéger Israël et ses habitants. Johann Zerbib fait partie de ceux-ci. Né le 5 août 1984, Il était un jeune français qui par amour pour Israël avait décidé de quitter ses parents, ses frères et tout ce qu’il connaissait pour servir dans Tsahal.  C’est son papa, Gérard, qui à l’occasion de Yom Hazikaron, la journée du souvenir des soldats tombés au combat,  a accepté de nous faire découvrir qui était son fils.

F. Sommer

La vie en France

Johann a grandi en région parisienne et était l’aîné d’une fratrie de quatre garçons. Issu d’un milieu juif traditionaliste, il a toujours suivi une scolarité au sein d’écoles juives et a découvert Israël pour la première fois dans le cadre d’un voyage scolaire.

« Johann était un garçon à la fois réservé et espiègle.  Grand blagueur, farceur et très souriant, il était quelqu’un avec qui on aimait être. Les gens appréciaient sa compagnie parce qu’ils voyaient en lui l’épaule sur laquelle pleurer ou tout simplement une personne avec qui rigoler. Il savait rassurer, trouver le mot qui console ou celui qui fait sourire », nous confie son père pendant l’entretien.

Johann Zerbib et son paps

Johann Zerbib en compagnie de son papa

Très respectueux des institutions et de la famille, Johann Zerbib était un jeune homme qui ne supportait pas l’injustice. Déterminé à faire respecter ses valeurs, il n’avait pas l’habitude de renoncer facilement et de se laisser faire.

Adolescent, il s’intéressait aux médias et particulièrement à tout ce qui tournait autour d’Israël et se heurtait parfois à des considérations et des arguments sur Israël qui lui semblaient injustes, intransigeants et mensongers. Johann entretenait par ailleurs un rêve, celui de participer à la défense de sa deuxième patrie, Israël.

La montée en Israël

Johann, dont l’âme était celle d’un véritable sioniste, décide en 2002 de partir pour Israël avec quatre amis. Bien qu’il se soit finalement retrouvé seul le jour du départ, Johann était bien décidé à aller jusqu’au bout. A 18 ans, il a donc débarqué dans un nouveau pays, sans famille ou proche pour l’accueillir.

Son papa affirme : « Johann allait au bout de ses convictions et ne faisait jamais un pas en arrière. Partir seul ne lui a pas fait peur». Pour la maman de Johann, le départ de son fils a été une épreuve particulièrement dure à passer.

Johann Zerbib

Johann Zerbib en compagnie de sa maman

Johann a d’abord commencé par étudier quelques mois à l’université de Bar-Ilan mais s’est rapidement raccroché à son rêve, celui de servir dans Tsahal. L’occasion dans le même temps d’apprendre l’hébreu et de découvrir la société israélienne.

Johann, soldat israélien

Johann a rapidement rejoint la Brigade d’Infanterie Nahal et été choisi pour être le tireur d’élite de son équipe. Son béret vert pomme sur l’épaule, il a suivi des entraînements d’une difficulté extrême et cela loin du cocon familial, apaisant et rassurant.

Johann Zerbib

Johann Zerbib en uniforme

Toujours le sourire aux lèvres, Johann était celui qui remontait le moral des troupes. Avec ses parents, il n’évoquait pas ses peurs et ses difficultés, afin de les préserver. « J’ai vu partir un adolescent pour retrouver un peu plus tard un adulte mûr et responsable. Son expérience à l’armée l’a sans aucun doute transformé. Je ne regrette pas d’avoir eu confiance en sa décision », dit son papa.

La Deuxième Guerre du Liban

Pendant la deuxième guerre du Liban, un jour que Johann et ses camarades soldats revenaient  éreintés d’une mission en direction du Kibbutz Amir où ils sont basés, il a arrêté ses amis en prenant une  poignée de terre : « Si vous ne savez pas pourquoi vous vous battez et bien moi je le sais : c’est pour cette terre ». Johann était capable de transmettre son amour pour le pays à des Israéliens qui nés ici, ne voyaient dans l’engagement militaire qu’un service obligatoire et rien d’autre.

Itai Engel, reporter de guerre israélien, a lui aussi partagé une anecdote avec le père de Johann. Parti suivre les activités du bataillon de Johann sur le terrain,  le journaliste avait été marqué par le regard du jeune homme, pendant la Deuxième Guerre du Liban, à quelques minutes du départ au combat contre des terroristes du Hezbollah. « On ressentait à la fois la peur et le courage dans son regard. Il me souriait, comme s’il pouvait me rassurer », avait raconté Itai Engel au père de Johann.

La mort de Johann

La vie de Johann Zerbib s’est tragiquement arrêtée le 12 août 2006. Alors qu’il venait de fêter ses 22 ans une semaine plus tôt, Johann et son bataillon sont repartis en mission spéciale au Sud-Liban. Des combats ont éclaté et un terroriste du Hezbollah a lancé un obus de mortier sur la position de Johann. Le jeune homme, touché, a dans un premier temps été évacué par hélicoptère. Quelques secondes avant de succomber à ses blessures, ses derniers mots, à peine murmurés à l’un de ses camarades, allaient à ses parents et ses frères : « Dis leur que je les aime et que je ne regrette rien ».

La vie sans Johann

C’est dans la peine et dans l’absence que la famille Zerbib tente de se reconstruire.

Pour Gérard, le papa de Johann, il est difficile de parler de son fils avec sa famille, mais il parvient à raconter son histoire à des journalistes ou lors de conférences.

« Mon fils m’a transmis un message à délivrer. Ce message est celui du sionisme et du don de soi pour sa patrie. Mon fils était un garçon atypique et je suis extrêmement fier d’avoir eu, pas assez longtemps malheureusement, un fils comme celui-là. Quand j’entends en quels termes les gens parlent de lui, cela dépasse mes espérances de père. C’était un garçon si généreux, pleins de petites attentions, qui n’oubliait jamais les anniversaires, qui marquait les gens dès le premier abord», affirme Gérard Zerbib.

La dernière photo prise de Johann montre le jeune soldat dans les derniers moments de sa vie, en train de prier. Cette photo a été retrouvée un an et demi après sa mort. Elle était restée à l’intérieur d’un appareil, retrouvé dans ses affaires, qui lui-même reposait sur une étagère pendant tout ce temps.

« Cette photo a une signification particulièrement importante. On y voit mon fils prier et ça me donne la certitude qu’il vivait dans et pour les valeurs que nous lui avions transmises à la maison », dit Monsieur Zerbib.

Johann Zerbib

La dernière photo prise de Johann Zerbib, quelques heures avant sa mort

La réalisation de l’article

Nous voulions absolument marquer la première commémoration de Yom Hazikaron par le site de Tsahal en français d’une manière particulière, en rendant hommage à un soldat. Le nom de Johann, soldat seul d’origine française tombé pendant la Deuxième Guerre du Liban en 2006 nous est instantanément venu à l’esprit.

Nous avons retrouvé le numéro du père de Johann et quelques heures précédant l’interview téléphonique, mon coeur battait à cent à l’heure. L’idée de ne pas trouver les mots justes à dire à un père endeuillé m’effraiyait terriblement. Durant l’interview, ma gorge se s’est serrée alors que le père de Johann évoquait les moments de bonheur passés en famille réunie à l’époque au complet.

Je me retrouve dans les choix de Johann

Dans le discours de Gérard, son papa, ou les réactions de sa mère au moment où leur fils s’est engagé dans Tsahal, je retrouve les mêmes inquiétudes mais aussi la même fierté que celles de ma propre mère quand j’ai fait le même choix il y a quelques mois. C’est avec beaucoup de respect et d’admiration que j’ai écouté Gérard : pour moi, tout comme Johann, ses parents sont aussi des héros, qui se battent contre l’absence et pour continuer à vivre.

Six ans après, Tsahal ne l’a pas oublié.

 

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