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15 février 2012

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Liban : la frontière volatile

par Israel Defense Forces

La presse française se fait l’écho ces dernières semaines de l’instabilité croissante en Syrie, et des activités du Hezbollah libanais. Quelles conséquences pour Israël et Tsahal? Le site français a voulu vous donner plus de détails…

Rencontre à la frontière libanaise avec deux officiers de Tsahal, depuis la colline, on surplombe la “Ligne Bleue”  et la barrière. De l’autre coté, le Liban, incroyablement calme en apparence.

“Ils sont là, et nous regardent peut-être en ce moment. Avant 2006, nous aurions vu des voitures marquées du drapeau jaune du Hezbollah. L’organisation opérait ouvertement au Sud Liban. Mais les apparences sont trompeuses. Elle n’a pas disparu, bien au contraire, l’organisation s’est réarmée, et dispose d’infrastructures modernes. Le Hezbollah a simplement appris à se cacher parmi les civils.”

Le général Benny Gantz y faisait référence il y a quelques semaines lors de son intervention à la Conférence d’Herzliya. Au Sud Liban, les civils servent de paravent – de bouclier humain – aux terroristes du Hezbollah. Tsahal estime qu’une maison sur dix dans cette zone renferme une cache d’armes, parfois même à l’insu de ses habitants. Une situation qui viole catégoriquement l’esprit et la lettre de la résolution de l’ONU 1701 qui avait mis fin à la deuxième guerre du Liban.

2006 : un conflit initié par le Hezbollah

En 2006, le 12 juillet, une patrouille de Tsahal le long de la Ligne Bleue  est attaquée par le Hezbollah, en territoire israélien. Plusieurs soldats périssent au combat, au cours duquel deux soldats israéliens, Ehud Goldwasser et Eldad Regev  sont kidnappés. La deuxième guerre du Liban éclate, et ne vient à son terme qu’après l’adoption de la résolution 1701 par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette résolution instaure un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, et demande la libération des soldats kidnappés ainsi que le désarmement du Hezbollah. Aucune de ces deux dernières mesure ne prend réalité sur le terrain. Les corps d’Ehud Goldwasser et Eldad Regev ne seront rendus à Israël qu’en 2008, en contrepartie pour la libération de terroristes emprisonnés.

Malgré la présence de soldats internationaux au Sud Liban, la FINUL, le retrait israélien permet au Hezbollah de contrôler les civils de la zone, et d’y implanter ses activités. L’officier des renseignements avec lequel nous parlons décrit une situation bien connue des forces de la FINUL, qui opèrent au Sud Liban.

“Certains villages libanais, comme Al Khiam, sont devenues de véritables bases militaires. Le type de construction même a changé. Au lieu de villages d’habitations sans plan réel, on y voit clairement une organisation des constructions.”

Derrière, toujours, l’Iran

Les armes saisies durant la guerre de 2006, elles, attestent bien du lien étroit avec l’Iran. C’est un véritable arsenal, dissimulé dans des caches au Sud Liban, qui a été mis au jour par les forces israéliennes déployées durant la deuxième guerre du Liban : drones, roquettes, RPG, fusils d’assaut, et explosifs en tout genre.

Des missiles iraniens trouvés par Tsahal au Sud-Liban en 2006. En médaillon, le symbole de la République Islamique d'Iran.

“Le Hezbollah possèdait en 2006 après la guerre près de 25 000 roquettes. Et malgré la résolution 1701, le chiffre a augmenté depuis! C’est bien que la décision de l’ONU est bafouée dans les faits. Aujourd’hui, on estime à 40 000 le nombre de roquettes et missiles en possession du Hezbollah. Presque 30 000 d’entres elles sont cachées au Sud Liban.”

Et depuis? L’alimentation en armes continue. En novembre 2009, un bateau intercepté par Tsahal s’avère transporter des armes iraniennes destinées au Hezbollah. L’origine des munitions présentes sur le Francop est clairement spécifiée sur les documents accompagnant le navire. A bord, une véritable cargaison pirate: 566 220 balles, 20 100 grenades à fragmentation, près de 9000 obus de mortier, plus de 2000 roquettes.

Des soldats de Tsahal débarquent les armes iraniennes destinées au Hezbollah et trouvés sur le Francop.

L’Iran, continue depuis d’alimenter le Hezbollah en armes et munitions par air, mer et terre. Une situation que l’officier nous décrit comme “sensible”.

“A la place de Nasrallah [le commandant en chef du Hezbollah], je ne dormirais pas bien la nuit! L’Iran subit l’effet des sanctions internationales et le budget qu’il allouait au Hezbollah risque de se réduire, la Syrie est instable. Ses dernières provocations en sont le reflet : si Nasrallah a osé sortir de son bunker défier Israël récemment, c’est le signe de sa faiblesse, pas de sa force retrouvée.”

Quel est le rôle de la FINUL au Sud Liban?

Depuis la fin des hostilités de l’été 2006, les forces internationales de la FINUL sont déployées au Sud Liban. Elles sont en contact permanent avec Tsahal, ainsi qu’avec les forces libanaises régulières déployées au Sud Liban. Plusieurs fois, Israël a pu exposer les activités des terroristes du Hezbollah malgré la présence de ces soldats internationaux, dont la présence n’a pas empêché le réarmement de l’organisation dont l’arsenal est aujourd’hui estimé à 40 000 roquettes.

En juillet 2009 notamment, un probable “accident du travail” dans un batiment utilisé par le Hezbollah pour entreposer ses armes révèle des quantités de munitions importantes – en contradiction totale des résolutions de l’ONU.

De nouveau, en septembre 2010, un drone de Tsahal expose les activités du Hezbollah en plein jour au Sud Liban : des armes cachées dans un dépot clandestin – en violation des résolutions de l’ONU – sont retirées par des combattants du Hezbollah après une explosion sur le site.

“Il ne faudrait pas conclure à l’inutilité de la FINUL pour autant. C’est une erreur. La présence des soldats internationaux a déjà contribué à dissuader le Hezbollah d’attaquer Israël depuis 2006. Et puis, la FINUL a elle même subi des pertes aux mains du Hezbollah. Les soldats Français ont notamment été plusieurs fois la cible des terroristes de l’organisation.”

Un calme relatif, donc, voire même factice. D’autant que des roquettes tirées du Liban ont frappé Israël le 29 novembre dernier. Le village israélien de Kfar Vradim s’est réveillé au son des sirènes à 5h09 du matin pour descendre dans les abris, une réalité inconnue pour les enfants de cette zone.

“Quant au reste du Liban, les forces de la FINUL n’y ont pas de mandat. Le Hezbollah y opère au grand jour. Ses combattants sont entraînés au Liban même, après un passage par des camps iraniens ou syriens.”

Qu’en est-il aujourd’hui sur le terrain?

Et les changements du Moyen-Orient cette année, ont-ils changé la donne pour le Hezbollah? Que se passe-t-il depuis l’éruption des émeutes en Syrie? Un des officiers que nous rencontrons dans une base le long de la frontière libanaise sourit. Le Hezbollah fête l’anniversaire de sa création dans une situation plus complexe que jamais depuis 2006.

“Pour l’instant nous ne voyons aucun changement. La connexion avec l’Iran est exposée. Le Hezbollah se cache parmi les civils mais ne trompe plus grand monde : il s’agit d’une organisation terroriste avec un but clair. La destruction d’Israël. Ses moyens s’amenuisent, même si le flot d’arme n’a pas varié depuis les émeutes syriennes.”

Cliquez ici pour accéder à l’album Flickr sur les armes iraniennes retrouvés au Sud-Liban en 2006 par Tsahal.

Cliquez ici pour accéder à l’album Flickr sur les armes iraniennes retrouvés sur le Francop en 2009.


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