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9 février 2012

« La frontière silencieuse »

par Israel Defense Forces

A lire sur le blog de Radio France – Rendez vous sur le plateau du Golan avec plusieurs officiers supérieurs de l’armée israélienne, et un responsable de l’Aman, les renseignements militaires, pour voir comment l’état hébreu appréhende ce qui se passe de l’autre côté de la frontière, en Syrie. « Depuis près de quarante ans, c’est une frontière à la fois très sensible, mais aussi relativement silencieuse » constate l’un de ces officiers.

Par Grégory Philipps, envoyé spécial permanent de Radio France à Jérusalem

Il est vrai que depuis la guerre du Kippour en 1973 (à l’époque les syriens avaient tenté de reconquérir ce plateau du Golan conquis par Israël six ans plus tôt), la frontière est calme, et particulièrement surveillée. Il y a bien eu des incidents en mai et en juin 2011, lorsque des palestiniens de Syrie ont tenté de pénétrer en territoire israélien. Mais « ces manifestants étaient sans doute manipulés par le pouvoir de Damas, estime cet officier, pour détourner l’attention des premières émeutes qui commençaient à embraser la Syrie ». Rappelons que pour les israéliens (et bien que les deux pays soient encore officiellement en guerre), le régime autoritaire des Assad a longtemps été considéré comme le garant de ce statu quo…

« Mais aujourd’hui cette stabilité n’existe plus » constate notre interlocuteur. L’armée israélienne indique étudier tous les scénarios possibles. Que se passerait il en cas de chute de Bachar al Assad (pronostiquée pour dans quelques semaines ou quelques mois par le ministre de la défense Ehud Barak) ? En cas de défections nombreuses dans l’armée syrienne ? Quelles conséquences pour cette frontière de 120 kilomètres qui sépare les deux pays ? Pour l’instant, les officiers rencontrés sur le plateau du Golan disent ne pas avoir de réponse à ces questions. Mais affirment que « de l’autre côté, le pouvoir syrien perd de son contrôle et que la population s’appauvrit ». Ce qui fait redouter aux autorités militaires israéliennes l’émergence de groupes terroristes qui alors pourraient menacer la stabilité de la zone frontalière. Ce matin, sur les ondes de la radio militaire israélienne, Barak a d’ailleurs exprimé son inquiétude sur le possible transfert d’armes sophistiquées de la Syrie au Hezbollah, et au Liban, en cas de chute du régime de Bachar al Assad.

Dans cette zone tampon enfin, surveillée par 1.400 casques bleus, s’attend-on à voir arriver des réfugiés, chrétiens ou appartenant à la minorité alaouite (celle du clan Assad) ? L’officier rencontré sur le plateau du Golan assure que non, mais précise, que s’il le faut, la zone tampon pourrait accueillir quelques milliers de personnes, essentiellement des druzes de Syrie qui ont de la famille côté israélien (22.000 druzes vivent de ce côté ci du Golan). Là encore, ce scénario serait à l’étude.

Source : Le blog de Grégory Philipps, pour Radio France

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