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8 février 2012

A lire sur RFI : « Sur fond de violences en Syrie, Israël scrute ses frontières nord »

par Tsahal - Armée de Défense d'Israël

La situation en Syrie est observée avec attention par les dirigeants et les militaires israéliens. Le soulèvement qui menace Bachar el-Assad pourrait avoir des conséquences sur cette frontière restée calme au cours des dernières décennies. La chute du régime de Damas pourrait aussi modifier la donne au Liban, avec lequel Israël partage également une frontière.

Par Nicolas Falez, correspondant de RFI en Israël

Les officiers israéliens qui nous accueillent sur cette importante base du nord du pays décrivent une frontière israélo-syrienne extrêmement calme depuis près de 40 ans. Conquis en 1967 sur la Syrie, le Plateau du Golan est une immense étendue verte où les vaches paissent paisiblement entre des panneaux signalant les champs de mines. Les forces syriennes ont tenté en vain de reprendre cette région stratégique en 1973, lors de la Guerre du Kippour. Depuis, les deux voisins se côtoient, séparés par une étroite zone-tampon où évolue une force d’observation des Nations unies.

Calme donc, la frontière avec la Syrie. Mais aujourd’hui, sur fond de soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, tout peut basculer. « Nous étudions différents scénarios, nous confie un officier supérieur, si la monnaie syrienne s’effondre ; si Bachar el-Assad est exécuté en public ; si l’armée syrienne fait défection… quelles pourraient être alors les conséquences à la frontière ? ».

Tentatives d’infiltrations

Les militaires estiment que le régime de Bachar el-Assad n’aurait aucun intérêt aujourd’hui à souffler le chaud à la frontière israélienne. En revanche, l’armée redoute des actes isolés ou difficiles à contenir.

Il y a déjà eu deux alertes en mai et juin derniers, lorsque des centaines de Palestiniens de Syrie ont tenté de pénétrer en territoire israélien. Plusieurs manifestants avaient alors été tués par des tirs israéliens ou des explosions de mines.

L’Etat hébreu estime que Damas a instrumentalisé les réfugiés palestiniens de Syrie pour tenter de détourner l’attention des émeutes qui commençaient alors à s’étendre. Ces deux journées de violences du printemps 2011 illustrent en tout cas le caractère volatile de cette zone.

Nous sommes ici à quelques dizaines de kilomètres seulement de Damas mais l’armée israélienne affirme que le pouvoir syrien perd peu à peu le contrôle dans cette région frontalière. Sur fond d’insurrection, la pauvreté gagne du terrain. Le risque, selon l’officier israélien qui nous reçoit, c’est aussi que cette situation nouvelle favorise l’émergence de groupes terroristes.

Et en cas de chute de Bachar el-Assad, pourrait-on voir affluer à la frontière certains de ses fidèles, notamment issu de la minorité alaouite ? Peu probable selon notre interlocuteur gradé, qui concède que le scénario est aussi à l’étude.

Hezbollah

Comme la Syrie, le Liban partage une frontière avec le nord d’Israël. Comme la Syrie, le Pays du Cèdre est toujours techniquement en état de guerre avec l’Etat hébreu. Différence de taille : contrairement à la frontière syrienne, celle du Liban s’est embrasée à l’été 2006 lorsque Israël et le Hezbollah se sont affrontés pendant un mois. « Depuis, le Hezbollah se cache mais il est toujours là et dispose d’armes et d’infrastructures », nous explique un officier des renseignements militaires israéliens. Au cours d’une présentation bien rôdée, le gradé nous montre des cartes, des photos, des images tournées par des drônes et même une reconstitution virtuelle en 3D d’un village du sud-Liban quadrillé par le Hezbollah. Le message est clair : la formation chiite libanaise étend son emprise dans la région, les casques bleus de la Finul sont impuissants et les parrains iranien et syrien du Hezbollah continuent de l’alimenter en armes et en munitions par voies de terre, d’air et de mer.

Nouvelle confrontation ?

En cas de nouvelle confrontation avec le Hezbollah libanais, Israël dispose « de quelques milliers de cibles », selon notre interlocuteur de l’Aman (renseignements militaires israéliens). Le Hezbollah, lui, possèderait de 30 000 à 40 000 roquettes susceptibles de frapper en Israël. Quel serait le déclencheur d’un nouveau conflit ? Une riposte du Hezbollah à des frappes israéliennes sur les installations nucléaires de l’Iran son allié ? Une diversion offerte au régime syrien de Bachar el-Assad que le Hezbollah continue de soutenir ?

La formation chiite libanaise est aujourd’hui soutenue par deux Etats qui traversent une période de turbulence : les sanctions internationales contre l’Iran s’intensifient et la Syrie est secouée par l’insurrection. « Il y a quelques semaines, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, est sorti de son bunker, relève notre officier des renseignements militaires israélien, c’est un fait rare. Et il est allé à la rencontre de ses troupes. Pour les rassurer ? Pour les convaincre que leur choix est le bon ? Pour nous cela illustre davantage sa faiblesse que sa force ».

Source : Site de RFI 

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