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1 février 2012

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Ilan Ramon : Celui qui voulait toucher les étoiles

par Israel Defense Forces

Ilan Ramon, le premier astronaute israélien de l’histoire à s’être lancé à la conquête de l’espace, est décédé il y a neuf ans exactement. Retour sur le destin hors du commun d’un héros national.

Jeremy Cohen

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Ilan Ramon a été le premier israélien dans l’espace. Colonel au sein de l’armée de l’air,  pilote de chasse de haut niveau, Ilan Ramon n’a pas attendu d’être le premier astronaute israélien sélectionné par la NASA pour être un héros.

Pourtant, à l’origine rien ne semble prédestiner Ilan à devenir la cinquième plus grande personnalité israélienne de l’histoire du pays, d’après un sondage publié sur Ynet en 2005 où un échantillon d’Israéliens avait été interrogé.

Né en 1954 à Ramat-Gan dans une famille juive ashkénaze, il grandit à Beer-Sheva, la capitale du sud d’Israël. Sa mère et sa grand-mère, toutes deux rescapées du camp d’Auschwitz, ont survécu à la Shoah. Ce lourd passé que sa famille traîne avec elle joue un rôle essentiel lorsque Ilan Ramon se forge une personnalité et définit l’étendue de son ambition.

En 1972, après avoir terminé ses études secondaires, il s’engage à l’armée comme tous les Israéliens de 18 ans.

Un pilote de l’aviation israélienne

Ilan Ramon, alors pilote de l'armée de l'air israélienne

Lorsque la Guerre du Kippour éclate en 1973, Ilan n’a pas encore achevé sa formation de pilotage. Par conséquent, il passe la guerre au sein d’une unité de combat électronique dans une base de l’armée de l’air du Sinaï. Après la guerre, il reprend sa formation là où elle avait été interrompue et reçoit les fameuses ailes en 1974, qui font de lui un pilote capable de voler à bord des avions de chasse Mirage 3 et Skyhawk.

En 1980, il fait partie de la délégation de pilotes israéliens envoyée aux États-Unis pour découvrir le F-16, l’avion de chasse américain qui intègrera bientôt l’aviation israélienne.

L’année suivante, c’est à bord de l’un de ces F-16 qu’il prend part à l’Opération Opéra,  l’une des plus importantes opérations de l’armée de l’air israélienne qui a permis d’éradiquer la menace nucléaire irakienne en 1981. Ilan Ramon est alors le plus jeune pilote de l’opération.

En janvier 1982, il survit au crash de son F-16 A en parvenant à s’éjecter avec succès de celui-ci. La même année, il participe à la première Guerre du Liban. Il est alors capitaine. En 1983, il commence des études à l’Université de Tel-Aviv et en sort quelques années plus tard diplômé en ingénierie électronique et en informatique.

Il revêt à nouveau l’uniforme de l’armée de l’air en 1988 en tant que commandant. Il prend les commandes de plusieurs escadrons dont celui des F-16 avant d’être affecté successivement à différentes responsabilités au sein de l’État-major de l’armée de l’air.

Une mission exceptionnelle de la NASA …

L'équipage de la navette Columbia au complet

En 1995, un accord israélo-américain qui prévoit l’envoi du premier astronaute israélien dans l’espace dans le cadre d’une mission de la NASA va changer sa vie.

L’Agence Spatiale Israélienne donne à l’armée de l’air la liberté de choisir l’astronaute qui participera à cette mission exceptionnelle et en 1997, Ilan Ramon est désigné.

En 1998, il s’envole avec sa famille pour les États-Unis afin de suivre les entraînements de la NASA, qui dureront jusqu’en 2003. Il est choisi pour être le «spécialiste de charge utile», dont le rôle consiste à réaliser des expériences scientifiques dans le cadre de la mission «STS-107» du Programme de la Navette Spatiale Américaine.

Il s’envole pour l’espace le 16 janvier 2003 à bord de la navette Columbia pour une durée de 16 jours. Il effectue plus de 80 expériences à bord de la navette, notamment en physique et en biologie.

Un ambassadeur du Peuple juif et des Israéliens dans l’espace

Le fameux dessin de Petr Grinz, assassiné pendant la Shoah, montrant la Terre depuis la Lune

A bord de la navette, Ramon emporte plusieurs objets symboliques. Parmi eux, une copie de la Bible reçue des mains du Président israélien de l’époque, de petits rouleaux de la Torah qu’un rescapé de la Shoah lui avait remis. Mais aussi des drapeaux, notamment celui de l’armée de l’air israélienne. Dans ses affaires, il avait également emporté un dessin fait par un jeune juif, Petr Grinz,  assassiné à Auschwitz pendant la Shoah, où la planète Terre vue de la Lune était représentée.

Bien qu’il se définisse comme juif peu pratiquant, il tient à respecter certains rites de la religion juive même dans l’espace. Ilan Ramon choisit de manger de la nourriture casher, et demande conseil à un rabbin avant le départ pour savoir comment observer le Shabbat à bord de la navette spatiale en sachant que les notions de temps et d’espace y sont différentes. Par exemple, les jours durent 90 minutes et les semaines une dizaine d’heures.

«Je suis conscient de l’importance que représente le fait d’être le premier Israélien dans l’espace, d’autant plus si l’on s’intéresse de plus près à l’histoire et au passé de ma famille, qui sont sensiblement les mêmes que ceux d’une majorité d’Israéliens. Ma mère est rescapée de la Shoah. Elle a été déportée à Auschwitz. Mon père était combattant pendant la Guerre pour l’Indépendance de l’État d’Israël. Je suis né en Israël et mon parcours illustre le fait que les combats menés par le Peuple Juif depuis le siècle dernier, et même depuis deux mille ans, ont porté leurs fruits. »

«J’ai également beaucoup parlé avec des survivants de la Shoah. Quand vous parlez à ces gens, aujourd’hui très âgés, que vous leur expliquez que vous allez devenir le premier astronaute Israélien, ils vous regardent comme si vous accomplissiez leur rêve, quelque chose qu’ils n’auraient jamais cru possible il y a encore quelques dizaines d’années. C’est très excitant.»

La disparition d’Ilan Ramon

Stèle à la mémoire d'Ilan Ramon : " Ilan Ramon, Colonel, Numéro d'identité militaire 2167039, fils de Tonia et d'Eliezer Wolferman, né à Ramat Gan le 19 du mois de Sivan 5714 (20 juin 1954), tombé pendant son service à bord de la navette Columbia le 29 du mois de Shvat 5763 (1er février 2003) à l'âge de 48 ans"

Le 1er février 2003, il y a exactement neuf ans, la navette Columbia doit retourner sur Terre. A cause d’une brèche dans l’aile gauche de la navette provoquée par une collision avec un bloc de mousse isolante lors du décollage, la navette se détruit dès l’instant où elle pénètre dans l’atmosphère. Les sept astronautes meurent sur le coup dans le ciel du Texas et rejoignent ainsi certains pionniers de la conquête spatiale, notamment les équipages d’Apollo 1 et de la navette Challenger.

Le Président des États-Unis, George W. Bush informe immédiatement le Premier ministre israélien de l’époque Ariel Sharon de la catastrophe et présente ses condoléances à l’État et au peuple d’Israël.

Les restes du corps d’Ilan Ramon qui sont retrouvés sont rapatriés en Israël, et enterrés dans le Moshav Nahalal près de Nazareth au nord du pays.

L’État d’Israël pleure son premier astronaute

Il recevra plusieurs médailles à titre posthume, notamment la «Congressional Space Medal of Honor» décernée par le Congrès Américain. C’est la seule personnalité qui ne possède pas la nationalité américaine à avoir reçu cette décoration.

De nombreux parcs, rues et écoles en Israël et aux États-Unis ont été rebaptisés de son nom. Sept astéroïdes ainsi que sept collines sur la planète Mars portent les noms d’Ilan Ramon et de ses co-équipiers.

En septembre 2009, son fils Assaf, également pilote de chasse et qui se destinait sans doute à suivre le même chemin que son père, est également décédé lors d’un crash. Son F-16 s’est écrasé au cours d’un exercice d’entraînement.

Ce 1er février marque la disparition d’un héros juif et israélien, à qui le dernier mot de cet article-hommage revient :

«Voici la seule chose en laquelle je crois : être dans l’espace et regarder la Terre de là-haut pour avoir l’opportunité de faire quelque chose de grand pour l’Humanité».

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