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3 janvier 2012

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Rencontre : Orna Barbivai, la Général qui défend la parité dans l’armée (publié sur le site aufeminin.com)

par Israel Defense Forces

Orna Barbivai est la première femme Général de division de l’armée israélienne, le 2ème grade le plus élevé après celui de Chef d’État-Major. Un tournant historique. Et l’occasion pour cette militaire de promouvoir l’égalité des chances et l’accession des femmes aux plus hauts postes. Un enjeu de taille dans un pays où le service militaire est obligatoire pour tous, et où les femmes représentent un tiers des soldats.

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A l’occasion de sa visite exceptionnelle en France, nous l’avons rencontrée pour mieux comprendre sa vision de l’égalité dans l’armée, et plus généralement du rôle des femmes dans la société israélienne, souvent bien plus contrastée qu’il n’y paraît.

Comment avez-vous vécu le fait de faire carrière dans un milieu très masculin ?
Je ne pouvais pas savoir à 18 ans qu’un jour je deviendrais Général mais très tôt, j’ai su que je ne devais pas me cantonner au service militaire de base. Faire son service pendant seulement un an ou deux, ça ne vaut pas la peine. Donc lorsqu’on me demande mon avis, je conseille toujours de suivre le cursus militaire le plus difficile. Si une jeune femme se voit faire carrière dans l’armée, il faut qu’elle opte pour la formation la plus poussée. Pour réussir dans un domaine réservé aux hommes, il faut faire comme eux, ne pas se ménager ni s’excuser !

Quelle est la part de l’engagement personnel pour votre pays et celle de la passion du métier ?
Je me pose la même question tous les jours mais la chose la plus importante pour moi est d’avoir un rôle majeur dans la sécurité de mon pays, et, évidemment, de prendre un certain nombre de décisions qui vont avec. Plus personnellement, c’est aussi pour moi l’occasion d’évoluer dans mon domaine de prédilection, à savoir les ressources humaines. (Orna Barbivay est Commandante de la branche des Ressources humaines, ndlr)

Vous êtes également mère de famille… On a du mal à imaginer comment vous pouvez concilier ces deux vies !
Je me lève à 5h du matin, je sors de la maison à 6h10 pour attaquer des réunions et des présentations toute la journée. Le retour à la maison ne se fait pas avant 21h. C’est donc un rythme très serré ! Et à côté de cela j’ai trois enfants. Une fille de 27 ans, officier dans la marine, qui vient juste de se marier et fera bientôt de moi une grand-mère, une autre fille de 26 ans et un fils de 15 ans qui me manque beaucoup…

L’armée, c’est donc une affaire de famille chez vous ?
Pas tout à fait. Mon mari -qui est désormais à la retraite- était officier dans l’armée. Ce qui m’a en partie donné envie de m’engager. Mais mes parents n’ont rien à voir avec ce milieu. Ils venaient tous les deux de mondes totalement différents, leur relation n’était pas toujours évidente. Mon père a quitté la Roumanie pour Israël. Ma mère, qui est une femme très importante pour moi, est partie d’Irak très jeune et a été femme au foyer toute sa vie. Pourtant, c’est elle qui m’a toujours encouragée dans ma carrière. Elle a toujours cru profondément en l’égalité homme-femme.

Justement, profitez-vous de votre parcours atypique et de votre récente nomination pour faire évoluer la situation des femmes ?
J’ai été surprise par la portée de ma nomination en tant que chef des ressources humaines. Les médias en ont parlé pendant des jours, et c’est comme si tout à coup, le pays comprenait qu’il vivait un moment historique !
Mais outre mon métier, ma nomination, j’ai aussi un rôle d’exemple très fort à porter. Car si j’ai pu gravir autant d’échelons, les autres femmes y arriveront aussi. Évidemment, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour permettre aux femmes d’évoluer dans l’armée. C’est le message que je suis venue porter, et que je continuerai à défendre.

La promotion des femmes dans l’armée est un combat d’autant plus délicat que de plus en plus de femmes refusent de faire leur service. Quel est votre réponse à cela ?
Je suis très préoccupée par le refus de certaines femmes de faire leur service militaire. Aujourd’hui, un homme sur quatre ne s’y soumet pas alors qu’on atteint près de 50% de refus chez les femmes ! Et depuis dix ans, ce chiffre est en nette augmentation.
Parmi celles qui refusent de faire leur service, certaines se déclarent orthodoxes dans le seul but d’y échapper. Malheureusement, celles qui ne font pas leur service ont d’avantage de mal à s’intégrer dans la société, tant professionnellement que socialement… Et puis, il faudrait trouver un moyen pour que les femmes orthodoxes puissent tout de même avoir une formation militaire, même si celle-ci n’est pas classique.

Vous avez dit que votre mère croyait en l’égalité homme-femme. Il n’y a donc pas de qualités spécifiques aux hommes et aux femmes ?
Ma mère a raison, les femmes peuvent faire tout ce que font les hommes. Après, tout dépend de la personnalité, des capacités propres et surtout de la formation de chacun. Et j’insiste sur ce point, il faut absolument donner une bonne formation aux femmes dès le début ! C’est pour moi l’unique façon de les aider à réussir.
Aujourd’hui encore, la plupart des formations professionnelles sont réservées aux hommes. Or, une femme ne peut pas atteindre le même niveau si les fondamentaux ne sont pas bons… Il y a dix ans, 26% des femmes qui faisaient leur service militaire étaient de simples secrétaires. Aujourd’hui, ce chiffre n’est plus que de 13% car elles font d’avantage de formations pour atteindre des postes élevés.
De même, 90% des métiers de l’armée israélienne sont accessibles aux femmes. Il n’y a donc pas de raison de n’y voir que des hommes On a par exemple des pilotes femmes mais aussi des combattantes, qui demandent une formation supplémentaire de trois ans. Et au passage, le responsable informatique de l’armée n’est autre… qu’une femme !

Si vous deviez décrire en une phrase ce qui vous a permis de réussir…
Avoir un mari féministe.

Source : www.aufeminin.com

Pour accéder au communiqué officiel ‘Le Chef d’État-major a affirmé que les représentations de soldates ne sont en aucun cas interdites et qu’il est extrêmement important de maintenir l’héritage et les valeurs de l’armée israélienne qui constituent une part importante de la culture israélienne’ , cliquez ici

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