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6 octobre 2011

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Regards croisés sur le séisme de la Guerre du Kippour – « La Guerre commence », souvenirs de guerre de Dan Halutz

par Israel Defense Forces

Danny Halutz, le 18ème Chef d’État-major de l’armée israélienne (06/2005-01/2007), a mis par écrit ses souvenirs du premier jour de la Guerre du Kippour, alors qu’il était jeune pilote de l’armée de l’air israélienne. Il évoque l’incertitude ressentie jusqu’au déploiement des premières forces israéliennes dans l’après-midi. En voici quelques extraits.

Début de la Guerre du Kippour dans une base de l'armée de l'air israélienne

« C’était la veille de Rosh Hashana (le Nouvel an juif) en 1973. Je suis retourné à la maison ce soir-là et j’avais reçu un nouveau courrier électronique d’un ami de l’armée.

Le message disait : « Si tu entends à la radio qu’un terroriste a fait quoi que ce soit, retourne en courant à ta base, c’est sur le point de commencer… ».

C’était quelque temps après un évènement qui avait eu lieu le 13 septembre de la même année. Au cours d’un combat aérien, des avions israéliens avaient abattu 13 avions de chasse syriens. Il ne faisait pas l’ombre d’un doute que les Syriens se vengeraient de cette perte.

J’étais à l’époque un jeune pilote en réserve, et je venais de terminer mon premier contrat avec l’armée de l’air. Je n’avais rien compris à ce message, puisque je n’étais même pas au courant des évènements du 13 septembre. En tous les cas, mon ami, l’auteur du message, ne s’attendait sûrement pas à une guerre d’une si grande ampleur lorsqu’il disait que quelque chose était sur le point de commencer. Peu importe, j’oubliai rapidement ce message.

Quelques jours plus tard, le 6 octobre 1973, le jour de Yom Kippour, un samedi matin.

J’ai été réveillé par le bruit d’un avion qui passait juste au-dessus de ma maison, à une altitude anormalement basse. J’étais encore à moitié endormi, mais j’avais clairement identifié qu’il ne pouvait pas s’agir du bruit produit par les avions de l’unité de lutte anti-aérienne basée à Herzliah. Puis je me suis souvenu que nous étions le jour de Yom kippour, et qu’il ne peut y avoir d’exercice de l’armée de l’air ce jour.

Par la fenêtre, j’aperçus un avion de chasse de type Skyhawk qui volait à basse altitude au-dessus d’Herzliah.

« Quelque chose est en train de se produire », ai-je dit à ma femme Irit. Je me suis habillé et je me suis dirigé vers la cabine téléphonique la plus proche.

Mais quelqu’un m’interpella avant que je n’y parvienne. « Qui est-ce ? « , demandai-je. « C’est Shmueli. Je suis là pour t’emmener à la base ». Shmueli était un jeune navigateur de l’escadron et il avait été envoyé pour me chercher. « Qu’est-il arrivé ? Pourquoi ? Pour Combien de temps ? »

Ces questions demeurèrent sans réponse car Shmueli ne connaissait pas les réponses.

Nous sommes montés dans la voiture, nous avons déposé Irit chez ses parents à Tel Aviv et nous avons foncé en direction de la base. Il n’y avait personne sur la route, mais pourtant, je sentais que quelque chose était en train de se passer (…). Nous rencontrâmes un camarade sur le chemin. Il fit le trajet avec nous, et implora que nous accélérions afin que nous ne manquions rien. Nous étions tous convaincus qu’il s’agissait uniquement d’un incident local, ou d’un combat qui ne durerait pas plus d’une journée. Autrement dit, si nous ne nous pressions pas, nous allions tout manquer.

Tout l’escadron s’était rassemblé. Nous avions très peu d’information, et les rumeurs allaient bon train. Nous essayions tous de deviner ce qui se passait réellement. Les spéculations abondaient au sein de l’escadron. Apparemment, nous nous apprêtions à effectuer une attaque anticipée préventive sur les aéroports syriens. Ceux qui étaient au courant affirmaient que le gouvernement était en train de prendre une décision au moment même où nous parlions. Nous étions nerveux, nous enchaînions les cafés et les cigarettes.

Ronny Hulday, l’adjoint du Commandant de l’escadron nous réunit pour effectuer un briefing sur les aéroports syriens. Mais une demi-heure avant le décollage, nous reçûmes l’ordre de tout annuler. Le gouvernement n’avait pas approuvé cette décision (…).

Soudain, une alarme retentit. Elle signalait qu’un bombardement était imminent. Cette fois c’était réel. La guerre commençait. »

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