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3 octobre 2011

A la conquête du béret argenté (Suite et fin)

par Israel Defense Forces

« Vous n’avez franchi que la première étape, vous êtes maintenant des soldats. Bientôt ce ne sera plus un entraînement, ce sera réel. Vous devrez vous occuper du Hamas à Gaza, du Hezbollah au Liban, mais aussi d’ennemis plus éloignés géographiquement qui pourraient avoir le pouvoir  et la volonté de nous détruire . »

Corps du Génie Militaire

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Rarement sous le feu des projecteurs, les soldats du Génie Militaire seraient les premiers à être envoyés sur le terrain. Steven, « soldat seul » d’origine française depuis quatre mois, nous fait partager l’intensité d’une épreuve particulière dans un paysage grandiose après laquelle il pourra fièrement arborer le béret argenté de son unité.

Les commandants restent leaders

Nous remarquons immédiatement et avec surprise que les commandants participent à la marche et n’abandonnent à  aucun moment leurs soldats. « Je n’ai jamais du faire de marche d’une telle longueur et d’une telle intensité pendant mes propres entraînements » nous confie une commandante, « Mon rôle de leader et aussi l’envie de leur montrer qu’une fille peut y arriver me donne la force d’aller au bout». Ce sont eux qui distribueront aux soldats leur béret, et le soldat méritant récupérera symboliquement le béret déjà usé de son commandant. Leur investissement est total. A l’écart de ses soldats, Guilad  le commandant de la compagnie nous confie « J’étais au Liban l’été 2006, et j’ai participé à l’opération Plomb Durci, je veux les préparer au mieux ».

La pause goûter

Une pause à mi-chemin est organisée. Des buffets ont été installés avec des petites douceurs pour les soldats : sandwichs, bourekas, fruits, boissons sodas, pâtisseries… Reprendre des forces avant de repartir pour les 20  « derniers » kilomètres. Les garçons se rapprochent, se serrent dans les bras, se mettent à chanter spontanément, à sauter. Nous retrouvons Steven avec ses compagnons, épuisé, mais souriant : il a hérité du jerricane d’eau ce qu’en général tout soldat essaie d’éviter. Interdiction formelle de s’asseoir ou de poser le matériel, sinon il sera impossible de rassembler des forces pour se relever avec tout le barda et repartir. Les garçons sont contents de partager ça ensemble et cela se voit.

En plus des combattantes éparpillées, quelques soldates sont venues  encourager leurs héros. En effet, tout au long du service, certaines filles prennent soin des recrues dans le cadre de leur service militaire. Il y a les coachs sportifs, les assistantes sociales, et les assistantes qui aident les soldats à gérer tous les problèmes du quotidien. Elles  apprécient beaucoup les garçons, elles distribuent des sourires encourageants  autour d’elles pour leur redonner du courage.

Soudain, Les visages se figent, les rangs se reforment, le silence revient et la marche reprend. Très vite, on n’aperçoit plus que les lampions dont les soldats ont orné leurs uniformes, afin de ne pas se perdre dans l’obscurité.

Massa Alunka

La dernière étape débute : les cinq kilomètres ultimes de la marche. Ils sont cruciaux. Les soldats sont à bout, et ils doivent malgré tout trouver le courage de se reprendre, car de nouvelles épreuves les attendent. La cadence s’accélère clairement ; il faut être au coude à coude avec les commandants, qui ont décidé de courir ! Enfin pour les trois derniers kilomètres, ils doivent ajouter à leurs charges quatre brancards sur lesquels sont placés des sacs de sable. A L’exception d’un des brancards, où je monte. Les soldats me remercient, ce sera moins lourd que le sable. Ils sont respectueux et attentionnés. Malgré la fatigue, le froid, la faim, les muscles qui ne répondent plus, ils font attention à moi comme si j’étais une des leurs et que j’étais réellement blessée afin que je ne tombe pas. En effet, il peut arriver, à cause de l’obscurité et de l’épuisement, que les soldats renversent le brancard.

Ils se relaient aux quatre coins du brancard, ils veulent finir fièrement le Massa, en portant en héros la civière. La course continue, et quand les pieds et les bras lâchent, un camarade se presse immédiatement pour soulager son compagnon et le remplacer.  Ils appliquent sans s’en rendre compte l’essence même de ce qui leur a été enseigné pendant quatre mois à l’armée : professionnalisme, courage et entraide.

Personne n’annonce le dernier kilomètre, mais on le sait, c’est la fin. C’est désormais au pas de course que le groupe se déplace. On s’encourage : « kadima », « en Avant »,

A l’arrivée à l’endroit du « tekes » (cérémonie), les douleurs au dos et aux pieds sont temporairement oubliées, et la souffrance physique laisse place une joie indescriptible. Les filles distribuent déjà des sucreries aux soldats. Les « alunkot » (brancards) sont fièrement érigés en trophées.  On me fait descendre, et je peux assister à la cérémonie de remise des bérets.

La cérémonie débute, et le commandant de la base, Lieutenant  Colonel Shaon Khadar  se met en place pour son discours : «Vous n’avez franchi que la première étape, vous êtes maintenant des soldats. Bientôt ce ne sera plus un entraînement, ce sera réel. Vous devrez vous occuper du Hamas à Gaza, du Hezbollah au Liban, mais aussi d’ennemis plus éloignés géographiquement qui pourraient avoir le pouvoir  et la volonté de nous détruire ».

Le Massa Koumta marque la fin des classes, où chaque soldat a pris conscience de sa nouvelle responsabilité. Les quatre prochains mois, «Imoun Mitkadem » (entrainement avancé) consisteront essentiellement à  transformer cette collection d’individus-soldats  en un groupe uni, ne pouvant fonctionner qu’en associant les qualités et les efforts de chacun.

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