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26 septembre 2011

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A la conquête du béret argenté (2/3)

par Israel Defense Forces

Rarement sous le feu des projecteurs, les soldats du Génie Militaire seraient les premiers à être envoyés sur le terrain. Steven, « soldat seul » d’origine française depuis quatre mois, nous fait partager l’intensité d’une épreuve particulière dans un paysage grandiose après laquelle il pourra fièrement arborer le béret argenté de son unité.

Pour accéder à la partie 1, cliquez ici.

Une discussion en aparté avec leurs commandants met en lumière une contradiction apparente: parmi les meilleurs soldats de l’unité, la plupart sont des « soldats seuls » – malgré les difficultés particulières dues à leur situation. Leur secret? Une motivation à toute épreuve. Bien que les premiers jours aient été durs à vivre pour Steven, il a très vite pris conscience du rôle de son unité dans l’histoire tourmentée de ce pays et il réalise l’importance de sa position.

En effet, cette unité trouve ses racines dans la Brigade Harel, célèbre unité d’infanterie qui fût établie le 16 avril 1948 commandée par Yitzhak Rabin et qui a joué un rôle fondamental dans les combats qui se sont déroulés dans les collines et les vallées autour de Jérusalem pendant la guerre d’Indépendance.  Pendant la première moitié de Mai 1948, la brigade Harel a notamment réussi à prendre le contrôle du col de Jérusalem et a ouvert la route jusqu’à Shaar Hagai.

Malheureusement, les nombreuses opérations qu’ils ont menées (Opération Har’el du 16 au 21 Avril 1948, Opération Yevusi pour prendre contrôle des hauteurs  surplombant Jérusalem et des quartiers sud de la ville) ont causé la perte d’un grand nombre de leurs camarades. La marche est  généralement organisée autour de Jérusalem, sur les routes où l’unité a fondé son histoire et ses exploits dans le sang et l’honneur,  pour associer l’effort des soldats à l’héritage précieux  de leurs prédécesseurs.

En raison de conditions météorologiques difficiles, le lieu de la marche a été modifié, mais le vice-commandant de la base Roy Malakhi reste optimiste : « Ils marcheront dans ce climat difficile,  avec le sable dans les yeux et le vent frappant leur visage, mais  ils le feront comme des grands »

Steven et ses camarades

La marche

A 16h début de la marche

Les soldats profitent des derniers rayons du soleil pour se maquiller ou plutôt se barbouiller le visage de peinture noire et verte. On se répartit tout l’équipement qu’il faudra porter pendant le trajet en plus de l’arme (épreuve supplémentaire ajoutée à la distance qui rend la marche bien plus pénible) : jerricanes d’eau, appareils de communication, brancards… Sans se faire remarquer, les soldats dissimulent quelques petites sucreries dans leurs poches. Malgré la peur, ce sont des sourires et de l’impatience qu’on peut lire sur les visages des soldats.

Nous commençons l’épreuve aux côtés d’Adi Meir, commandant responsable de l’entraînement de base. Avec lui, nous nous avançons en jeep, vérifions l’itinéraire de la marche et disposons des lampions fluorescents pour que les soldats puissent se repérer dans l’obscurité.  Le chemin est truffé de montées, de dunes, et de rochers. Il est difficile  d’imaginer que le  chemin sinueux que nous parcourons déjà avec peine en jeep est celui que les soldats devront prendre pour remporter ce challenge.

En discutant avec lui, nous nous faisons une image plus claire de ce qu’ont été les quatre premiers mois dans Tsahal pour ces jeunes militaires. Cette période est dédiée à faire passer l’adolescent au statut de soldat. Il doit intégrer au niveau individuel tous les réflexes du soldat. Cela passe par le port de l’uniforme, la responsabilité de transporter une arme qu’on ne quitte plus jamais, la vie quotidienne dans une base, et toutes sortes de cours et de formations de combattant. On dort peu, les conditions sont dures, mais c’est le prix à payer pour recevoir le fameux béret  et passer à l’étape suivante.

La nuit est maintenant tombée. Nous retrouvons une partie des soldats, qui ont déjà parcouru une quinzaine de kilomètres. Nous décidons de faire les cinq prochains kilomètres avec eux et leurs commandants.  Nous distribuons discrètement les quelques chocolats que nous avons apportés aux soldats pour leur redonner des forces. Le vent glacial du désert nous surprend dès que nous descendons de la Jeep,  mais très vite l’effort nous réchauffe. Les soldats sont concentrés. Les commandants qui mènent le groupe imposent le rythme soutenu de la marche.

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