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22 septembre 2011

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« Urgences » en Judée-Samarie

par Israel Defense Forces

En raison des tensions en Judée-Samarie, les soldats de l’unité mobile de soins intensifs est en état d’alerte permanent depuis quelques jours, mobilisés pour secourir civils israéliens et palestiniens ainsi que les soldats. Hier déjà, ils ont été appelés pour venir en aide à un bébé israélien, blessé à la tête par un jet de pierre et évacué en urgence vers un hôpital du centre d’Israël.

Soldats de l'unité des soins intensifs

Une unité aux services des populations juives et arabes

 L’unité de soins intensifs a été mise en place au début des années 2000, durant la deuxième Intifada.

“Les incidents du début des années 2000 avaient mis en évidence la nécessité de pouvoir évacuer efficacement et immédiatement les soldats blessés sur le champ de bataille”, nous explique le Premier Sergent Betty Ben-Zaken, jointe par téléphone.

Assignée à l’une des ambulances de soins intensifs, elle a l’expérience du terrain et déjà des centaines de sorties à son actif. Elle nous éclaire aujourd’hui sur cette unité singulière et peu connue.

 L’unité est composée de soldatsinfirmiers et infirmiers-urgentistes (appelés en Israël, “paramedics”) qui ont suivi une formation intensive, ainsi que d’officiers, tous médecins, souvent urgentistes, rompus à l’expérience du terrain.

 Les infirmiers reçoivent un cours délivré par Tsahal : une formation de six mois qui forme ces soldats à administrer les premiers secours à des blessés, avant de les transférer vers l’hôpital le plus proche. Soldats et soldates font leur service militaire dans les mêmes conditions et sont mobilisés 3 ans.

 Les paramedics suivent une formation prestigieuse et intensive, dispensée en partie par l’armée, puis par des professionnels du Magen David Adom. Dans le cas de leur service, allongé de 6 mois afin de prendre en compte la durée du cours, ils sont formés à la médecine d’urgence par des civils et des militaires.

 L’unité mobile de soins intensifs en Judée-Samarie est en mesure d’intervenir sur tous les terrains et quelque soit le dégré de gravité des blessures de leur patient. Ils sont appelés en cas d’accident de la route, d’émeutes violentes ou d’attentats terroristes. Ils ont notamment été appelés en urgence après l’attentat meurtrier à Itamar en mars dernier, où cinq des membres de la famille Fogel ont été assassinés au couteau.

« Notre mission est un peu particulière, au regard de l’armée. Nous sommes tenus de traiter de la même manière des Israéliens et des blessés Palestiniens, les soldats comme les civils. Notre mission est de soigner les gens, rien d’autre, au même titre que n’importe quelle autre organisation médicale – mais avec la possibilité d’opérer sur des terrains très dangereux. Il n’y a absolument aucune différence entre nos patients”, nous explique Betty Ben-Zaken.

L’unité compte aujourd’hui 5 ambulances, qui arpentent les routes de la Judée-Samarie. A leur bord : un infirmier, un paramédic et un conducteur. Contrairement à celles du Magen David Adom qui opèrent dans ces zones parfois incertains, les ambulances de l’unité mobile de soins intensifs ne sont pas blindées – les soldats qui sont à bord sont responsables de leur propre sécurité et de celle de leurs patients. Plus légères, elles permettent une arrivée plus rapide sur les lieux d’un incident.

Les soldats sont en contact quotidien et coopèrent avec les services d’urgence israélien et palestinien en Judée-Samarie : le Magen David Adom et le Croissant-rouge, qui sont également actifs dans la région. En cas de problème, les trois organisations sont mobilisées, selon leurs zones de compétence qui souvent se recoupent. Il n’y a pas de compétition : l’ambulance qui rejoint les lieux de l’incident dans les plus brefs délais prend en charge les blessés.

Dans certains endroits, l’unité est particulièrement importante du fait de l’isolement ou des difficultés d’accès à certaines implantations et villages arabes. En Samarie particulièrement (ndlr: tiers septentrional de la Judée-Samarie), les interventions de l’unité sont très fréquentes.

Judée-Samarie: obstacles d’une réalité complexe

 Le 29 août dernier, un cocktail molotov était lancé sur une ambulance militaire israélienne appartenant à l’unité. Elle avait été appelée pour venir en aide aux victimes d’un accident de la route. Les soldats, pris pour cibles, devaient alors interrompre leurs activités pour se défendre à leur tour. (Pour accéder à la vidéo, cliquez ici).

 Pour Betty Ben-Zaken, les incidents imprévus de ce type font partie de quotidien, mais elle insiste sur le bon accueil fait à l’unité, dans les implantations comme parmi les populations arabes.

“Les civils palestiniens nous connaissent, ils savent qu’ils peuvent faire appel à nous et que nous les soignerons comme il se doit. »

Pour leur propre sécurité, les ambulances ne rentrent pas dans les villages, elles récupèrent les patients à leur entrée et les accidentés sur les routes.

 Les infirmiers et ambulanciers doivent prendre les mesures de précaution appropriées au cas où des terroristes passeraient pour des patients. En juin 2005, une terroriste palestinienne venue de Gaza avait profité d’un permis de passage humanitaire vers Israël pour tenter une attaque kamikaze à l’hôpital Soroka de Beer-Sheba. Fort de ce précédent, les soldats portent un casque et un gilet pare-balles. Les infirmiers ont l’habitude de soigner les victimes d’accident sur le bas-côté des routes principales qui mènent aux villes palestiniennes, les habitants de ces agglomérations descendent souvent à leur rencontre  afin de recevoir des soins médicaux.

Donner la vie

Lors des manifestations, l’unité est en contact permanent avec son central et reçoit des rapport réguliers sur l’évolution du terrain. En cas d’émeute violente, les soldats pré-équippés sont alors prêts à intervenir, pour dégager un soldat blessé ou un civil en difficulté. Mais leur travail prend parfois une tournure différente, autrement significative.

Le 7 février dernier, les soldats de l’unité mobile de soins intensifs aidaient une femme palestinienne, sur le point d’accoucher. Isolée dans une communauté de la vallée du Jourdain, elle avait fait appel au central au milieu de la nuit, prise de contractions. Epaulés par la famille, les soldats l’avaient alors transportée sur un brancard vers la route principale, et chargée dans leur véhicule. Son bébé est né dans une ambulance militaire israélienne.

Le Sergent Gilad Nesher, qui officiait comme “paramedic” dans l’ambulance déployée nous raconte. “L’enfant ne criait pas, comme n’importe quel nouveau-né, et il était très pale. J’ai commencé des mesures de ressuscitassions, un massage cardiaque. Finalement, il a toussé et rosi. Je savais qu’il était hors de danger.”

Tous deux ont ensuite été transportés par un hélicoptère de l’armée israélienne à l’hôpital Hadassah de Jérusalem.

“J’ai réagi à cette situation comme n’importe quel être humain l’aurait fait”, nous dit le Sergent Nesher, “cette femme ne parlait que l’arabe, je n’étais donc pas en mesure de lui demander depuis combien de temps elle était enceinte, ou comment elle se sentait. Nous ne disposions que de quelques minutes entre le moment où nous l’avons installée dans l’ambulance et le moment où le travail a réellement commencé. Cette naissance était tellement inattendue et je n’avais jamais pratiqué d’accouchement auparavant.”

Formé à ce type de situation, mais sans expérience préalable, le Sergent Nesher était plus habitué au traitement des accidents de la route et des urgences cardiaques, qui constituent le gros des appels de l’unité.

“C’est un sentiment incroyable… de donner la vie. Je continue à prendre des nouvelles de la mère et de son enfant. Ils vont bien.”

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