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20 août 2011

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Témoignage sur le vif d’un soldat lors des attaques terroristes du jeudi 18 août

par Israel Defense Forces

« Journée explosive pour le Capitaine Z. » : témoignage du Capitaine Z., un officier démineur, présent sur les lieux des attaques terroristes du 18 août 2011.

Schéma : attaques terroristes jeudi 18/08

Ce matin-là, la journée du Capitaine Z commence bien. Une cérémonie célèbre la fin de la formation des nouveaux soldats de l’unité. Après les discours et les accolades, il rejoint sa base en compagnie de ses soldats. « Soudain, nous avons reçu un appel. Un coup de téléphone qui a tout changé. Nous savions tous déjà que quelque chose était en train de se passer, on parlait d’une attaque terroriste contre un bus à l’arme automatique ». Le capitaine Z. est un officier démineur. Son unité est appelée lorsque des explosifs sont trouvés sur le terrain et doivent être détonés ou neutralisés.
« Après presque deux heures de route, nous sommes arrivés sur place – environ 20 km au nord d’Eilat – une ville connue en Israël pour ses plages, ses coraux et ses boîtes de nuit. Il est difficile d’imaginer une telle scène de carnage si proche d’un lieu si touristique. Le désert était barré par les restes fumants d’un autobus, une voiture criblée de balles, et un véhicule complètement retourné. Il y avait des corps partout. Ceux de civils israéliens, et ceux des terroristes ».
A 12:30 environ jeudi, un commando de terroristes ouvre le feu sur un bus civil. « Les balles ont touché 14 des passagers, mais le conducteur a fait preuve d’un sang-froid impressionnant, et continué à rouler tout en rapportant l’incident par téléphone, » nous dit aujourd’hui le Capitaine Z, encore couvert de poussière, à peine revenu du terrain. Immédiatement après, les terroristes attaquent deux voitures sur la route. « Dans l’une d’entre elle, les corps de 4 adultes, tous âgés d’une cinquantaine d’année, morts. Dans la voiture retournée sur le bord de la route, le corps d’un civil, mort. Un blessé du même véhicule avait déjà été évacué. Et puis, un des terroristes avait activé sa ceinture d’explosifs contre un autre bus, et tué son conducteur ».
Les forces du Capitaine Z. inspectent la scène, et remarquent les explosifs encore actifs sur le corps de l’un des terroristes. Immédiatement, ils évacuent les secouristes du Magen David Adom, le service d’urgences médicales en Israël. « Nous nous sommes mis au travail, en utilisant un robot télécommandé pour neutraliser une ceinture explosive fixée sur le corps de l’un des terroristes ». C’est alors que des tirs se font entendre : le Capitaine Z. et ses troupes sont sous le feu ennemi. « Tout le monde est tombé à plat ventre sur le sol – les officiers du commandement régional, l’officier supérieur de mon unité – nos armes chargées, prêts à nous défendre. Un cri sur ma droite m’a indiqué que l’un d’entre nous avait été touché. »
Sur le terrain, la course contre la montre commence. « L’adrénaline semble ralentir toute la situation. Tout devient primordial, primaire, d’une clarté limpide. Mes années d’entraînement et mes années de volontariat comme secouriste servent uniquement à survivre ».
Les tirs continuent. Collés au sol durant presque deux heures, les soldats ouvrent à leur tour le feu pour se défendre, et attendent une accalmie. « Nos forces soutenues par des renforts aériens sont parvenues à tuer les terroristes restants, et nous ont permis de nous remettre au travail ». C’est un travail lent, et long, qu’ils ne finissent qu’aux environs de minuit. Les rapports sur les chutes de roquettes et missiles sur les villes du sud d’Israël se multiplient.
« J’avais réussi à envoyer un message à mes parents, je leur avais parlé quelques courtes minutes sur le chemin vers la zone ». Sa tâche complétée, assis dans la voiture sur le chemin du retour vers la base, il appelle enfin son amie, étudiante à l’Université de Tel Aviv. « J’étais sous le choc. Nous avons parlé un peu, j’essayais de la calmer, elle avait passé l’après-midi collée aux informations diffusées en boucle à la télévision, paniquée ». La nuit est déjà bien avancée, le Capitaine Z. et ses soldats finissent par fermer l’oeil pour quelques courtes heures, avant de retourner passer la zone au peigne fin à la recherche d’explosifs.
Leur travail enfin fini, il libère la majorité de ses soldats. Une permission, le temps d’un week-end. « A chacun j’ai donné l’ordre d’être joignable, et toujours vigilant », nous dit-il alors qu’il s’apprête à reprendre la route. Toujours prêt pour le prochain coup de téléphone.
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