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10 août 2011

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30 ans depuis l’Opération Opéra : Comment Tsahal a éradiqué la menace nucléaire irakienne en 1981 ?

par Israel Defense Forces

En 1975, la France fournit à l’Irak un réacteur nucléaire de recherche. En 1981, Tsahal décide de lancer l’Opération Opéra afin d’éradiquer la menace nucléaire irakienne. Peu de temps auparavant, le dirigeant Saddam Hussein avait affirmé que les capacités nucléaires développées par l’Irak seraient dirigées contre Israël. 

L'Opération Opéra permit d'éradiquer la menace nucléaire irakienne

Le programme nucléaire irakien

L’activité nucléaire en Irak débuta en 1959, avec la signature d’un accord de coopération nucléaire avec l’Union Soviétique. Cet accord engendra la construction d’un réacteur nucléaire à 10 km au sud-est de Bagdad. Seize années plus tard, l’Irak avait encore élargi ses activités dans le domaine du nucléaire, cette fois-ci avec l’aide de la France. Dans le cadre de l’accord signé entre les deux pays, la France fournit à l’Irak un réacteur nucléaire de recherche Osiris (surnommé « Osirak »), reconnu comme étant le modèle le plus avancé de sa catégorie. Le réacteur était constitué de deux parties : le réacteur principal « Tammuz 1 » et le réacteur « Tammuz 2 », de taille inférieure.

En 1979, un projet nucléaire commun entre l’Italie et l’Irak fut mis en place, dans le cadre duquel de nombreuses installations furent construites. A la fin de cette même année, les irakiens cherchèrent à acquérir un réacteur italien capable de produire une grande quantité de plutonium militaire, dans le but d’augmenter la puissance du réacteur existant.

Suivi de la nucléarisation de l’Irak

Premiers rapports inquiétants sur les intentions irakiennes

Suite à cette évolution inquiétante, marquée par une volonté claire de l’Irak de renforcer son programme nucléaire, les autorités israéliennes s’intéressèrent de très près aux efforts irakiens visant à acquérir des composants nucléaires. Les rapports de situation des services de sécurité israéliens émettaient des doutes sur l’intention prétendue du gouvernement irakien de se servir de cette force nucléaire à des fins civiles.

Ces doutes furent renforcés avec la publication de plusieurs rapports des renseignements militaires qui arrivaient à la conclusion que les efforts intenses déployés par l’Irak dans le but d’acquérir une grande puissance nucléaire représentaient un danger clair pour l’existence d’Israël, et qu’Israël devait par conséquent détruire le réacteur irakien en vue de sa survie.

Attaque iranienne et poursuite des travaux

Une fois la décision prise de détruire le réacteur irakien, restaient à déterminer le calendrier et le mode opératoire de la mission. Selon les estimations, dès le mois de septembre 1981, le réacteur nucléaire devait être prêt à être chargé en combustible nucléaire et sa destruction aurait alors un impact radioactif sur la population de Bagdad. Par conséquent, il fut décidé d’attaquer le réacteur nucléaire irakien le plus rapidement possible. Au même moment cependant, un développement inattendu se produisit dans le Golfe Persique. Le 21 septembre 1980, l’Irak lança une offensive contre l’Iran. Neuf jours plus tard, deux avions iraniens de type F-4 Phantom attaquèrent le réacteur nucléaire irakien. Malgré les dommages causés par cette attaque, estimés à plusieurs millions de dollars, il fut rapidement mis en évidence que les installations essentielles n’avaient pas été touchées. Dans l’une de ses déclarations visant à rassurer le peuple irakien, le dirigeant Saddam Hussein affirma que les capacités nucléaires développées par l’Irak seraient dirigées contre Israël. En janvier 1981, les experts français et italiens reprirent leur travail avec les irakiens.

Préparatifs de l’armée israélienne

Une année s’était écoulée depuis l’approbation de la résolution de détruire le réacteur nucléaire irakien, en dépit des dangers et des difficultés qui en découleraient. Mais ces dangers ne pesaient pas lourd face à la menace directe à laquelle l’État d’Israël était confronté. En octobre 1980, le Conseil des Ministres israélien décida de confier à l’armée la mission de détruire ce réacteur. Le choix de la méthode d’une attaque aérienne, considérée comme la plus sûre et la plus efficace, s’imposa  comme une évidence.

L’Armée de l’Air Israélienne commença ses préparatifs. Pour réaliser l’opération avec succès, l’aviation avait besoin de renseignements extrêmement précis, d’une part sur les systèmes de protection anti-aérienne présents dans la zone du réacteur, d’autre part sur les parties essentielles du réacteur qu’il fallait absolument frapper afin d’exclure toute possibilité de réparation. Les différentes branches de renseignements furent mobilisées pour la mission.

L’un des problèmes principaux rencontrés lors de la planification de l’opération fut le choix de l’itinéraire de vol. Les contraintes principales étaient : la grande distance séparant le point de départ du réacteur nucléaire (environ 1100 km dans chaque direction), et le fait que les avions devaient survoler des contrées hostiles avec une quantité limitée de carburant.

L’un des problèmes principaux rencontrés lors de la planification de l’opération fut le choix de l’itinéraire de vol

Des escadrons commencèrent à s’entraîner à atteindre des cibles précises après avoir effectué des vols longue distance avec peu de carburant. Huit avions d’attaque F-16, qui avaient été intégrés dans l’Armée de l’Air moins d’un an auparavant, furent sélectionnés pour effectuer l’attaque aérienne. Six appareils de type F-15 devaient venir en renfort et accompagner les F-16.

Déroulement de l’Opération Opéra

L’opération fut planifiée pour le dimanche 7 juin 1981, principalement pour éviter de blesser les techniciens français travaillant sur le réacteur (les techniciens ne travaillent pas le dimanche, jour de repos). De plus, l’heure de l’opération fut programmée 30 minutes avant le coucher du soleil dans la région du réacteur. Ainsi, à 17h30 (heure israélienne), les F-16 israéliens, escortés par les F-15, surgirent à l’ouest du Tigre, près de Bagdad, dans la surprise la plus totale.

Le système de radars irakien ne détecta pas la menace israélienne, malgré le niveau de vigilance élevé en Irak en raison de son conflit avec l’Iran. Ni les batteries de missiles anti-aériens, ni les escadrons d’interception ne furent mis en marche. Les bombes commencèrent à s’abattre sur la cible, le bruit des explosions se fit entendre au loin et ce n’est qu’alors que le système de protection anti-aérienne localisé dans les environs du réacteur s’enclencha. Les bombes utilisées par l’aviation israélienne étaient produites par l’industrie militaire, et la plus légère d’entre elles pesait une tonne.

L’une des bombes lâchées frappa le centre du dôme du réacteur. Le bâtiment de 20 mètres de hauteur, et de 32 mètres de diamètre commença à s’effondrer. Et les bombes continuèrent à pleuvoir car le but était non seulement de détruire l’édifice qui hébergeait l’équipement, les ordinateurs, les laboratoires et la tuyauterie, mais aussi de frapper le cœur du réacteur. Ce cœur se trouvait dans une structure souterraine encerclée d’un bassin rempli d’eau d’une profondeur de 11 mètres. Ainsi, les fondations de l’édifice furent touchées et l’eau s’infiltra dans la structure. Deux à trois minutes après le début de l’attaque, le réacteur avait été détruit dans son ensemble.

Le réacteur principal « Tammuz 1 » fut entièrement détruit dans l’opération. Quant au petit réacteur « Tammuz 2 », adjacent au « Tammuz 1 », il resta intact. Puis les avions de l’armée israélienne repartirent immédiatement vers l’ouest en direction d’Israël. C’est grâce à cette opération de l’Armée de l’Air Israélienne, l’une des plus importantes depuis sa création, que la menace nucléaire irakienne fut éradiquée.

Le premier astronaute israélien, le Colonel Ilan Ramon, avait participé à cette opération.  Ce héros est mort le 1er février 2003 dans l’accident de la navette spatiale Columbia, au retour de la mission STS-107 de 16 jours dans l’espace.

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