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12 juillet 2011

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Deuxième Guerre du Liban – cinq ans après : l’histoire d’un héros israélien

par Israel Defense Forces

Voici le récit du soldat Yoni Roth qui a combattu au cours de la Bataille de Beit Jbeil pendant la Deuxième Guerre du Liban en 2006. Cette ville fut le lieu d’une bataille féroce  qui opposa l’Armée Israélienne et les terroristes du Hezbollah. 

Soldats israéliens se retirant du Sud-Liban en 2000

La ville frontière  de Bint Jbeil, aussi appelée « capitale du Hezbollah » au Liban a été le lieu d’une bataille mythique  entre l’Armée Israélienne et les terroristes du Hezbollah il y a cinq ans, au cours de la Deuxième Guerre du Liban.

La bataille de Bint Jbeil, ville située à moins de trois kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban, a entraîné la mort de 14 soldats et officiers. 31 autres soldats ont été blessés.

Envoyées pour démanteler les postes de commande du Hezbollah et pour détruire leurs rampes de lancement de roquettes, les troupes israéliennes ont combattu les terroristes du Hezbollah qui utilisaient des tactiques de guérilla.

Pendant la Bataille de Bint Jbeil, le capitaine Yoni Roth, un ancien soldat du 51ème bataillon de la 1ère Brigade d’Infanterie, a été frappé par trois balles dans le dos. L’une des balles tirées par un terroriste a transpercé son dos, perforé son poumon et laissé un trou qui ne pouvait pas être réparé par une opération chirurgicale.

Blessé par un Terroriste du Hezbollah

« Je me souviens du terroriste qui m’a visé avec sa mitrailleuse. En une fraction de seconde, j’ai compris qu’il allait me tirer dessus. Puis j’ai senti les balles me transpercer  le corps. Je me suis effondré sur le sol, mon fusil baissé. J’ai compris que la première balle m’avait frappé au dos, et j’ai pensé que la prochaine viserait ma tête. »

Roth parvint à sortir de champ de vision des terroristes. Il resta allongé sur le ventre, en attendant d’être évacué et en respirant difficilement.

Honoré pour son courage

Roth a risqué sa vie dans la bataille, et a fait preuve d’un courage extraordinaire

En 2007, il a reçu une citation du Commandant du Commandement de la Région Nord pour le rôle qu’il a joué dans l’évacuation des morts et des blessés sur le champ de bataille. Alors qu’il devait se protéger des tirs ennemis, Roth a évacué les morts et les blessés pendant plus de deux heures.

Le Départ Pour la Guerre

Dix jours après l’enlèvement de Guilad Shalit en juin 2006, Roth a dû écourter ses vacances, remettre l’uniforme et retourner à la base d’entraînement de la brigade Golani. Là-bas, il a rejoint la compagnie « C ». Ses compagnons et lui commencèrent à avancer vers le nord, en direction de la frontière qui sépare Israël et le Liban.

Le 24 juillet, la compagnie de Roth arriva à Bint Jbeil. Opérant à l’intérieur de la ville, Roth faisait partie d’un peloton de patrouille. Il se souvient avoir été choqué par la quantité d’armement découverte dans la première maison que son peloton a fouillée.

Le Dilemme de Bint Jbeil

« Quand l’ennemi vous tire dessus et que des soldats blessés appellent au secours, vous vous trouvez face à un dilemme : de quoi vais-je m’occuper en premier lieu ? », explique Roth. « Si vous faites le choix de porter secours aux blessés plutôt que de riposter contre les tirs ennemis, alors qui sauverez-vous en premier ? Le soldat qui crie le plus fort, ou le plus silencieux ? »

« Je me revois, allongé derrière un rocher, avec un sourire niais sur mon visage, pensant que je devrais me battre corps et âme dans cette bataille. Mais à  partir de là, face à ce dilemme, mon état d’esprit a changé. J’ai observé les balles qui pleuvaient à ma droite et à ma gauche. J’ai repéré le premier soldat blessé, je l’ai attrapé et je l’ai ramené en courant à l’arrière. Après un court instant de repos, j’ai été chercher un deuxième soldat blessé.»

Roth se sent coupable lorsqu’il pense aux victimes israéliennes de la Bataille de Beit Jbeil

« Yoni, tire moi de là », lui a crié un soldat blessé. «  Tire-moi une balle dans la tête ou sauve-moi. » « J’ai remarqué que le soldat en question était grièvement blessé », explique Yoni, « Je lui ai dit : mon frère, nous allons te sortir de là et te soigner, tout ira bien. Je ne voulais pas lui mentir. Je l’ai attrapé et je l’ai fait glisser en arrière. »

« A un certain moment, je me suis arrêté pour reprendre mon souffle. Si je ne m’étais pas accordé quelques instants de repos, et que je n’avais pas pensé à moi, j’aurais pu le ramener plus rapidement – et le sauver. Je sais que ça n’a rien de logique, mais j’ai le sentiment qu’il est mort par ma faute.»

« La bataille pour retourner à la vie normale est plus difficile que celle menée contre les terroristes au Liban – Il s’agit d’un long combat avec de nombreux moments de faiblesses »

«Après la Bataille de Bint Jbeil, je n’ai pas seulement dû rééduquer mon corps et retrouver mes capacités physiques, mais j’ai également été obligé de remplir mon âme de courage, afin de surmonter mes peurs et de pouvoir de nouveau repartir sur le champ de bataille. J’ai eu de nombreux flashbacks de la Bataille de Bint Jbeil. »

Un triomphe sur le plan personnel

« Je ressens une grande fierté. L’histoire de ma vie a été interrompue brusquement dans la bataille, mais je suis revenu. Au début, je ne pouvais pas bouger, je me déplaçais en fauteuil roulant. Puis je me suis forcé à effectuer quelques pas, et j’ai finalement été capable de marcher à nouveau.  Un jour, j’ai couru 50 mètres, et j’ai du me reposer toute la journée après cet effort. Aujourd’hui je cours la moitié d’un marathon. »

« J’ai été blessé en tant que soldat. Après avoir récupéré, je suis retourné à l’armée en tant qu’officier pour reprendre ma carrière militaire : j’ai servi comme commandant de peloton du 51ème Bataillon de la 1ère Brigade d’Infanterie, et plus tard comme commandant de compagnie dans la Brigade Anti-Guérilla de l’Unité Egoz. »

« Cependant, je n’ai pas encore ressenti un triomphe sur le plan personnel en ce qui concerne les terroristes du Hezbollah. C’est l’une des raisons pour lesquelles je suis retourné à l’armée. J’attends encore de pouvoir refermer ce chapitre de ma vie. »

Récemment promu au rang de capitaine, Roth est actuellement étudiant à l’École de Commandement de Tsahal. Il a également été diplômé de l’Université Hébraïque de Jérusalem.

La Naissance de son Premier Enfant

« Il y a sept mois, Shlomit et moi avons accueilli Meged, notre premier fils – un moment unique pour tous les parents – mais j’ai ressenti un peu de tristesse. Mes huit camarades tués à Bint Jbeil ne pourront pas voir le sourire d’un premier enfant. »

L’héritage de la Bataille de Bint Jbeil

Roth partage ses souvenirs de la Bataille de Bint Jbeil en se rendant auprès des différentes communautés en Israël. Il consacre son temps libre à raconter  « le remarquable état d’esprit, la volonté, le dévouement et la fraternité » dont ont fait preuve les soldats israéliens à Bint Jbeil. «  Nous sommes partis en mission pour protéger le pays », explique Roth. « Nous avons quittés le Liban en ayant accompli notre devoir sur le plan tactique. Des centaines de terroristes ont été éliminés à Bint Jbeil. »

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