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27 juin 2011

Tsahal Mis à Nu par Nellu Cohn

par Israel Defense Forces

Le nouvel ouvrage photographique de Nellu Cohn invite le lecteur dans l’univers de l’armée israélienne, depuis l’arrivée des jeunes appelés jusqu’aux commémorations nationales, en passant par les entraînements sur terre, sur mer et dans les airs.

Nellu Cohn est photographe et journaliste. Il a publié en 2009 « Mon Tel Aviv », un livre de photographies présentant la Ville Blanche sous tous ses aspects. Il publie en 2011 un nouveau livre : « Tzahal », qui rend hommage à l’armée israélienne. Avec nous, il revient sur ce projet qui l’a occupé pendant plus d’un an, et sur son périple aux côtés des soldats de Tsahal.

Soldats en entraînement. Photo : Nellu Cohn, extrait du livre "TZAHAL"

Pourquoi avez-vous décidé de réaliser un livre de photographies sur Tsahal?

Pour moi, le déclic a été le rapport Goldstone sur l’Opération Plomb Durci. Bien qu’aujourd’hui l’argument de crime de guerre ait été retiré, je n’ai pas supporté le déchaînement médiatique accusant Tsahal d’avoir commis de tels crimes.

J’ai posé le problème de la sorte : les jeunes Israéliens font leur service militaire, et tous les hommes effectuent des périodes de réserve ; que puis-je faire de constructif de mon côté ? Je sais photographier et transmettre des messages à travers mes photos. Alors j’ai décidé de leur rendre hommage, de rendre un hommage à Tsahal.

Comment Tsahal a-t-il accueilli votre projet ?

J’ai obtenu un rendez-vous avec le Général de Brigade Avi Benayahou qui était alors le Porte-Parole de Tsahal. Je lui ai montré mon précédent livre sur Tel Aviv et je lui ai expliqué mon projet concernant Tsahal. Il m’a répondu directement… et en français : « Tu as carte blanche ! ». Ensuite j’ai travaillé avec les soldats de l’Unité du Porte-Parole qui gère les relations avec les médias et les journalistes, et ce sont eux qui m’ont accompagné et qui ont organisé toutes les visites.

Appréhendez-vous mieux le quotidien et éventuellement les difficultés des soldats ?

En me confrontant à leur quotidien, j’ai pu ressentir à quel point leur tâche était difficile. Ce serait indécent de dire que j’ai souffert de la chaleur, de l’humidité ou de la poussière, les soldats passent trois ans de leur vie dans ces conditions. Un jour, dans le Néguev, il faisait plus de 40 degrés, et une jeune soldate d’une unité de combat m’a proposé de remettre tout son équipement simplement pour que je puisse faire mes photos. En plus, elle l’a fait avec le sourire.

Sur l’une des photos, on voit un Ethiopim (Juif originaire d’Éthiopie) qui m’a raconté son histoire entre deux exercices : il est en Israël depuis 8 ans, il accomplit son service dans une unité d’artillerie réputée très difficile physiquement. En partant, je le remercie de m’avoir accordé du temps, et il me répond que c’est lui qui me remercie : « Tu es venu de Paris simplement pour nous photographier ! ». Il ne se rend pas compte à quel point ces soldats sont importants pour nous, essentiels à notre survie en tant que Juifs.

« Tu es venu de Paris simplement pour nous photographier ! ». Photo : Nellu Cohn, extrait du livre "TZAHAL"

A-t-il été difficile de sélectionner les photographies ?

J’ai réalisé des milliers de clichés au cours de la préparation du livre et au départ il faisait plus de 450 pages. Le travail le plus difficile ne fut pas de choisir des photos, mais d’en supprimer pour arriver à 320 pages. Le choix n’était pas esthétique, mais avant tout sentimental ; je voulais faire honneur à ces soldats qui m’avaient tant touché.

Pourquoi avoir choisi de ne pas « légender » vos photos ?

Je n’aime pas les photos commentées, je pense que cela n’a pas d’intérêt ; une photo doit parler d’elle-même. Les informations sur tel avion ou tel char sont largement disponibles sur internet. Ce qui me tenait à cœur, c’était de proposer une dimension graphique et esthétique d’une part, et d’illustrer la puissance de Tsahal en montrant du matériel de pointe dont l’armée israélienne dispose d’autre part. Mais je pense que le plus important ce sont les portraits, les visages, les regards car ils ne mentent pas.

Comment vous est venue l’idée de demander à des grandes personnalités de signer des textes ?

Je voulais rythmer le livre par des textes inédits d’universitaires, artistes, écrivains, rabbins ou hommes politiques et que chacun puisse apporter une approche de Tsahal personnelle, éthique, philosophique, spirituelle, sociale ou historique. Je n’ai pas souhaité des textes de militaires ou d’hommes politiques «en service » actuellement, car la portée des propos d’une personnalité qui n’est pas issue du monde militaire ou politique est plus crédible pour parler de Tsahal. Je mets quiconque au défi de trouver une phrase mensongère, ou démagogique, les textes sont d’une profonde honnêteté intellectuelle. Chaque témoignage donne des clés pour comprendre la force, le sens, l’histoire, et surtout la morale de l’Armée de Défense d’Israël. Pour Frédéric ENCEL, « Tsahal n’est ni une institution sacrée, ni un cénacle d’anges, et pas davantage un forum de pacifistes. C’est le rempart unique d’un peuple à qui l’on n’a plus laissé le choix que la réappropriation du droit universel à l’usage de la force. »

"Je pense que le plus important ce sont les portraits, les visages, les regards car ils ne mentent pas". Photo : Nellu Cohn, extrait du livre "TZAHAL"

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de cette expérience ?

C’est difficile de choisir… J’ai passé une année sur un nuage, à aller de base en base, j’ai rencontré tant de soldats, et j’ai sillonné Israël. Mais si je devais choisir, je choisirais deux souvenirs : une sortie en mer avec les soldats de la Marine que j’ai eu la chance de rencontrer quelques jours avant l’épisode de la flottille en mai 2010. Ce fut très spectaculaire. Et le second est la rencontre dans une base aérienne avec des jeunes filles âgée de 21 ans à peine qui ont la responsabilité de faire décoller des F-16. C’est un âge auquel on joue encore aux jeux vidéo dans d’autres parties du monde. Les soldats israéliens nous étonnent par leur maturité. Un mélange de force maîtrisée, de chaleur et de sensibilité. En fait, ils sont à l’image des israéliens, et c’est normal. Ils sont Israël.

Propos recueillis par Sarah Barembaum et Nissim Boucaï

Editions MELTING ART

Textes (français-anglais-hébreu) :

Shlomo Amar _ Ehud Barak _ Michaël Bar-Zvi _ Oury Cherki _ Edouard Cukierman _ Raphaël Draï _ David Dudu Fisher _ Edna FOA _ Frédéric ENCEL _Yehoram Gaon _ Marek Halter _ Serge Klarsfeld _ Asa Kasher_ Michel Kichka _Yisrael Meir Lau _ Dubi Lentz _ François Léotard _ Yitzak Navon _ Daniel Rouach _ Joseph Haïm Sitruk _ Avi Pazner _ Shmuel Trigano _ Elie Wiesel

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