Aller au contenu principal

15 juin 2011

1

Amours Chiennes

par Israel Defense Forces

Les soldats de l’unité Oketz s’entraînent et combattent avec leurs chiens, des animaux chaleureux qui peuvent se métamorphoser en véritable menace d’une seconde à l’autre.

Daniella Bokor

Du sang, de la sueur et des kabanos à profusion : la deuxième semaine d’entraînement à la guerre de l’histoire de l’unité d’élite Oketz, qui se spécialise dans la formation et l’entraînement de chiens à des missions spéciales, s’est achevée il y a tout juste six semaines. Enveloppés par le climat d’un mois d’avril grisâtre, combinant douce chaleur printanière, pluie et vent frais, les combattants à la fois bipèdes et quadrupèdes de l’unité luttent pour dompter la tension, la fatigue physique, la faim et les pénibles épines qui s’enfoncent sans relâche dans l’épaisse fourrure des chiens. Lors de la première « semaine de guerre », les soldats avaient testé leur professionnalisme dans le cadre d’un vaste scénario fictif reproduisant des conditions de guerre réelles, qui exigeait des troupes de faire preuve de réflexion stratégique et d’initiative, mais surtout de préparer les équipes de combat à l’instant de vérité,  tant sur le front du grand nord d’Israël que sur celui du territoire urbain de la bande de Gaza.

Une masse de muscles et d’énergie, surmontée d’une tête à la mâchoire puissante ordonnée par des dents acérées, font des chiens de l’unité Oketz une véritable arme fatale. Lorsqu’ils ne se tiennent pas prêts au combat, leurs yeux marron attendrissants et leur langue rugueuse peuvent faire fondre le cœur de tous les amoureux des animaux. Dans ces moments de repos, il est difficile de résister à l’envie de caresser le doux pelage de leur ventre qu’ils ont plaisir à exposer. Mais il suffit d’un mot magique pour que ces bergers belges, allemands et néerlandais se muent immédiatement en une menace qu’il serait inconscient de sous-estimer.

Les chiens de l’unité ne sont pas traités comme de simples armes de combat. En réalité, plus que « les meilleurs amis de l’homme », ces chiens sont vus comme des soldats combattants à part entière et en dépit de leur queue, les soldats et les commandants de l’unité entretiennent avec eux le même rapport humain qu’avec les autres combattants. La plupart des maîtres-chiens, également appelés « conducteurs » en hébreu, développent avec leur chien une relation qui ressemble de près à celle d’un couple, où l’un dépend des mains (ou des pattes) de l’autre. Hormis cela, la présence des chiens dans la vie militaire des soldats, que ce soit lors d’exercices nocturnes ou au chenil de la base, ajoute une touche rafraichissante et unique à l’unité Oketz. « Si nous savons qu’un chien peut mourir, nous ne l’enverrons pas en mission perdre sa vie », explique un combattant de l’unité au début de la semaine. C’est cela, l’éthique véhiculée sous le drapeau de l’unité Oketz actuelle.

Chien de l'unité Oketz. Photo : Iris Lainer, Dover Tsahal

On enlève la laisse !

Comme susmentionné, il s’agissait de la deuxième « semaine de guerre » de l’unité depuis sa création. « Dans le passé, nous organisions des exercices courts de 24 heures », explique le commandant de l’unité, le Lieutenant-colonel Yaron Sitboul. « L’année dernière, nous avons initié une formation continue au combat, dans le cadre de laquelle nous avons établi des stations d’entraînement spécifiques à chaque rôle rempli par les soldats. Cette fois-ci, nous avons choisi de construire un grand scénario qui combinait différents schémas de combat », explique-t-il. Afin de s’adapter à la forme que prend la menace ennemie actuelle, l’accent a été mis sur les affrontements en zones urbaines pendant cette « semaine de guerre ».

Le signal d’ouverture de la bataille fictive a été donné un samedi et tous les soldats ont été appelés à rejoindre la base mère de l’unité. Dès cet instant, les soldats et les chiens étaient sur le qui-vive, jusqu’au moment où ils ont reçu l’ordre de sortir de la base pour aller sur le terrain. L’exercice a commencé tard dans la nuit par une marche sur des collines sombres, au milieu d’une épaisse végétation, dans une région isolée près de Kiryat Gat. En ligne derrière le commandant de compagnie, le Lieutenant Reguev, les soldats avancent en silence.

Auparavant, le Sergent-Chef Ilay avait découvert, alors qu’il préparait son chien Ari à prendre la route, que les chiens avaient eu droit à un repos spécial le samedi afin qu’ils accumulent de l’énergie. Et en effet, les chiens marchent à vive allure, sautent sur les pierres glissantes et évitent les fossés invisibles. Même les hurlements des chacals, qui s’approchent de temps à autres pour examiner leurs congénères évolués au moment de retourner dans la nature, ne parviennent pas à détourner les yeux brillants des chiens du parcours et des objectifs ennemis qui peuvent apparaître un peu partout.

Chien et son maître en exercice. Photo : Iris Lainer, Dover Tsahal

Neutralisation des terroristes

La compagnie de soldats tombe sur une cellule terroriste en territoire découvert. Le Lieutenant Reguev, qui a exprimé le désir de voir les troupes « rentrer dans un film de guerre » au cours de l’exercice, observe ses soldats agir avec rapidité et sang froid et commencer à échanger des tirs avec l’ennemi fictif. Les soldats s’entraînent à libérer puis récupérer leurs chiens dans l’obscurité la plus totale.

Après l’affrontement, la force progresse vers la zone de combat urbain, là où les attendent des activistes au fin fond d’un village dangereux. Des terroristes équipés de manches rembourrées afin de protéger leurs bras des dents aiguisées des chiens se cachent dans les bâtiments et les ruelles étroites qui quadrillent ce labyrinthe grandeur nature. Les soldats se divisent selon les positions clés, marchent sur des chemins sinueux et se faufilent dans les appartements. Les chiens surgissent et disparaissent de porte en porte, tout en recevant des instructions sur la direction à emprunter dans l’appareil radio attaché sur la laisse.

Dans un bâtiment à deux étages similaire à une scène de théâtre, un terroriste armé s’est caché sous les escaliers. L’équipe envoyée sur le lieu reste collée au mur extérieur en attendant les instructions. Un chien d’attaque, impatient de neutraliser le terroriste situé à l’intérieur, remue la tête dans tous les sens avec vigueur. L’ordre est donné d’intervenir, la longue laisse est lâchée, et quelques instants plus tard les dents du chien sont plantées dans le bras du malheureux ennemi fictif et le secouent comme s’il s’agissait d’un simple jouet en plastique. Le chien traîne le terroriste à l’extérieur vers les soldats qui l’attachent minutieusement. Le chien satisfait reçoit un morceau de kabanos odorant en guise de modeste récompense pour cette mission réalisée avec succès.

Cliquez ici pour voir plus de photos sur l’unité Oketz.

Publicités
Un commentaire

Rétroliens & Pings

  1. Photo du Jour – Oketz | Armée de Défense d'Israël

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :